Difficultés d’allaitement et frénectomie : les orthophonistes appellent à la nuance

orthophinistes-audiologistes_allaitement-frenectomieLes ordres professionnels du Québec contribuent de diverses façons au développement du Québec, parfois en exprimant des mises en garde sur certains sujets qui défraient l’actualité. Voici un communiqué émis par l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec le 1er mai 2014.

MONTRÉAL, le 1er mai 2014 – Il est parfois recommandé de couper le frein lingual (la membrane sous la langue) de certains nourrissons qui éprouvent de la difficulté à téter. L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) tient à informer la population que cette intervention chirurgicale, la frénectomie, n’est pas une solution pour tous. Réalisée par un professionnel qualifié, elle peut s’avérer utile dans certains cas, mais doit être recommandée après une évaluation au cas par cas, afin d’éliminer les autres causes possibles et d’établir un lien réel avec les difficultés d’allaitement observées.

Allaitement difficile : plusieurs causes possibles

Un frein anormalement court est une anomalie assez rare qui se retrouve chez 4 à 10% des nourrissons selon les études. Il n’affecte pas toujours l’efficacité de la succion. «Une anomalie de la formation du palais ou de la langue, une naissance difficile, la prématurité, un manque de tonus, une hyper ou une hyposensibilité de la bouche, un problème du réflexe de succion, un problème de coordination ne sont que quelques-unes des autres causes possibles», rappelle Marie-Pierre Caouette, présidente et directrice générale de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes (OOAQ) du Québec.

Des liens étroits entre la déglutition et la parole

«Ce sont les mêmes muscles : les lèvres, la langue, les joues, qui sont sollicités pour téter que pour parler», mentionne Mme Caouette. Il existe d’ailleurs des liens très étroits entre la succion, la déglutition, la respiration, la mastication, la parole et la voix, ce qui fait de l’orthophoniste, un expert dans l’évaluation et le traitement des troubles de la déglutition. Il s’agit d’actions complexes qui nécessitent un contrôle neurologique et la coordination de plusieurs dizaines de muscles. Une forte proportion des personnes qui présentent des difficultés à avaler ont aussi des troubles sur le plan de la communication. L’orthophoniste peut conseiller adéquatement les parents, travaille de concert avec les nombreux intervenants aussi concernés par cette problématique. L’orthophoniste évalue et traite les problèmes de déglutition tout au long de la vie.

Des impacts à tous âges, des solutions en orthophonie

Lorsque l’étape normale du passage de la déglutition infantile vers la déglutition adulte ne s’effectue pas correctement, en raison d’obstruction nasale ou de l’habitude de sucer son pouce, par exemple, l’orthophoniste intervient afin de corriger la déglutition et d’améliorer la prononciation de l’enfant s’il parle «sur le bout de la langue». L’orthophoniste intervient également pour prévenir les effets négatifs que pourrait causer une trop grande pression de la langue sur la position des dents.

Les difficultés à avaler (dysphagie) peuvent également survenir chez les adultes, suite à un AVC, à un traumatisme crânien ou une maladie dégénérative comme le Parkinson. Elles s’installent aussi chez les aînés qui présentent certaines formes de démence. Le deuxième mercredi de mai est d’ailleurs la Journée de sensibilisation aux problèmes de déglutition chez les adultes.

En ce mois de l’ouïe et de la communication qui débute aujourd’hui, la présidente souligne que l’OOAQ est une organisation en plein essor, dont la moitié des membres ont moins de 35 ans à ce jour. On compte près de 400 audiologistes et plus de 2100 orthophonistes au service de la population dans toutes les régions du Québec. On peut consulter ces professionnels dans les établissements de santé, dans les écoles et en pratique privée.

À propos de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

L’OOAQ est un organisme régi par le Code des professions dont la mission est d’assurer la protection du public au regard du domaine d’exercice de ses membres, soit les troubles de la communication. Il est notamment chargé de contrôler l’accès aux professions d’orthophoniste et d’audiologiste, de soutenir le maintien et le développement de la compétence de ses membres et de surveiller leur exercice professionnel. L’OOAQ contribue également à l’amélioration de la qualité de vie de la population québécoise en s’impliquant dans différents dossiers publics en lien avec la santé et l’éducation.

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