Trois mille nouvelles admissions en moyenne par an chez les ingénieurs

Alive-Vien-Belanger-ingenieureEntretien avec Mme Alice Vien-Bélanger, ing., Chef aux permis à l’Ordre des ingénieurs du Québec

« Le rôle de notre service consiste à accompagner les candidats à la profession jusqu’à l’obtention du permis ! » lance, en souriant, Alice Vien-Bélanger, ing., chef aux permis à l’Ordre des ingénieurs du Québec et responsable, à ce titre, de l’admission des nouveaux membres. Mme Vien-Bélanger, membre de l’Ordre depuis 2001, y travaille depuis 2012 ; elle a d’abord été évaluatrice du juniorat, puis chef adjointe aux permis.

Au Québec, il ne suffit pas d’être diplômé en génie pour pouvoir exercer la profession d’ingénieur. En effet, selon le système professionnel québécois, seuls les ingénieurs qui sont inscrits au tableau et qui sont titulaires d’un permis ont le droit d’exercer à titre d’ingénieur. Les candidats à la profession doivent donc se soumettre à un processus d’admission rigoureux. C’est une étape importante pour assurer la protection du public.

Sensibilisation dès l’université 

Au cours des sessions d’automne et d’hiver, des représentants de l’Ordre vont à la rencontre des étudiants dans les facultés et écoles de génie du Québec, pour expliquer aux finissants l’importance de devenir membre de l’Ordre et leur présenter le processus d’admission.

En règle générale, pour obtenir un permis de l’Ordre des ingénieurs du Québec, il faut :

  1. soit être titulaire d’un diplôme en génie reconnu par le gouvernement du Québec (le programme doit être accrédité par Ingénieurs Canada) ;
  2. soit avoir obtenu de l’Ordre une équivalence de diplôme ou de formation.

Les principales catégories de demandes d’admission à l’Ordre sont constituées de diplômés du Québec et de professionnels formés à l’étranger.

Les grandes lignes du processus d’admission

Tout d’abord une demande d’admission doit être déposée en bonne et due forme par les candidats. La durée du traitement, une fois que le dossier est complet, peut varier entre quatre et six semaines.

« C’est relativement facile maintenant, les finissants peuvent remplir la demande d’admission en ligne. Pour les diplômés du Québec, il ne reste qu’à fournir le relevé de notes et l’original de l’acte de naissance, précise Mme Vien-Bélanger. Dès que le dossier est complet, le Comité exécutif se prononce et plus rien n’empêche la délivrance du permis d’ingénieur junior. Ils peuvent alors demander expressément leur inscription au tableau des membres, puisqu’il faut et le permis et l’inscription au tableau. »

Le juniorat

Pour satisfaire aux conditions du juniorat, l’ingénieur junior[1] doit réussir un examen professionnel, non technique, qui porte sur des aspects de déontologie, d’éthique, les lois, les règlements, etc. Cette condition s’applique à tous les ingénieurs juniors, quelle que soit leur spécialité ou l’origine de leur diplôme ou formation. De plus, ils devront démontrer une expérience en génie de 36 mois avant de recevoir le permis d’ingénieur. S’ils se soumettent au parrainage, facultatif, l’expérience peut être bonifiée de huit mois maximum.

Les professionnels formés à l’extérieur du Québec

Plus de 20 % des demandes d’admission à l’Ordre des ingénieurs du Québec proviennent actuellement de professionnels formés à l’étranger.

À l’Ordre, on distingue deux catégories de professionnels formés à l’extérieur du Québec selon leur provenance :

  1. Les personnes provenant de pays signataires d’une entente (accord de Washington et plusieurs pays du Commonwealth) ou ayant conclu un arrangement (France) ont un accès direct au permis d’ingénieur, car leur formation est reconnue d’emblée, car il existe, de part et d’autre de ces organismes, un niveau de formation comparable, en regard de la protection du public ;
  2. les personnes formées ou diplômées en provenance de pays sans accord de reconnaissance doivent franchir une étape supplémentaire. Leur dossier est soumis au Comité des examinateurs, composé de représentants des universités et de l’industrie, qui va étudier les dossiers de formation et prescrire des examens techniques complémentaires, s’il constate une trop grande différence avec les critères de l’Ordre.

L’Ordre a bien accéléré le processus d’intégration depuis quelque temps : « Depuis janvier 2013, on peut trouver sur le site Web la Politique d’évaluation qui est très claire. Grâce à une application simple et gratuite, la Boussole, les professionnels formés à l’extérieur du Québec qui désirent pratiquer ici peuvent maintenant autoévaluer leur formation de manière préliminaire, alors qu’ils sont encore dans leur pays d’origine. Ils pourront déjà avoir une indication de combien d’examens techniques ils devront réussir, selon le diplôme, selon les études de cycles supérieurs ou encore selon leur expérience. Cet outil élimine beaucoup d’incertitude par rapport à l’évaluation de leur dossier », précise Mme Vien-Bélanger.

Une fois qu’ils ont passé les examens techniques, le cheminement est identique à celui qui s’applique aux candidats diplômés du Canada. Évidemment, ils doivent s’acquitter des frais applicables, avant d’obtenir le permis.

Même les dossiers de personnes formées à l’étranger sont pour la plupart réglés dans le même laps de temps nécessaire pour un diplômé du Canada ! Un délai plus long serait dû à la difficulté de produire certains documents originaux, comme l’acte de naissance ou des descriptions de cours. Le top 5 des pays d’origine des professionnels formés à l’extérieur du Québec qui adressent une demande à l’Ordre sont : l’Algérie, la Colombie, l’Iran, la Tunisie, la Roumanie et le Brésil (ces deux derniers ex aequo).

L’Ordre des ingénieurs du Québec accueille quelque 3 000 nouveaux membres chaque année.

Ordre des ingénieurs Québec

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[1] Le candidat ou l’ingénieur junior n’exerce une activité professionnelle réservée par la Loi sur les ingénieurs que sous la direction et la surveillance immédiates d’un ingénieur.

 

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