La formation continue : une occasion pour se remettre en question

Marijo-Hebert-travailleuse-socialeEntretien avec Mme Marijo Hébert, T.S., chargée d’affaires professionnelles à l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

 

« J’investis dans mes compétences ». C’est ce message de ralliement que l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) lance à ses membres pour les inviter à adhérer à sa Politique de formation continue. « Cet outil se veut une aide à mieux choisir et planifier leurs activités de formation continue et, ce faisant, à intégrer la formation continue à leurs activités professionnelles. » C’est ce que souligne Mme Marijo Hébert, T.S., chargée d’affaires professionnelles, responsable du secteur de la formation continue à la direction des affaires professionnelles de l’OTSTCFQ depuis 2014.

Encore et toujours, la protection du public

En effet, selon Mme Hébert, le public est en droit de s’attendre à ce que tous les professionnels fassent les efforts nécessaires pour demeurer à la fine pointe dans leur domaine, conformément au mandat de protection du public de tous les ordres professionnels du Québec. C’est une question de responsabilité morale, éthique et déontologique.

Avec l’entrée en vigueur du projet de loi 21, Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines, d’importantes modifications ont été apportées aux champs d’exercice de plusieurs professions. Ainsi, le champ d’exercice des travailleurs sociaux a été redéfini et l’évaluation psychosociale pour les personnes dans le cadre de l’ouverture d’un régime de protection est dorénavant une activité réservée en exclusivité aux travailleurs sociaux. L’encadrement de la pratique de la psychothérapie fait également partie des nouvelles dispositions.

« Au sens de cette loi, la protection du public est encore plus importante, car elle vise des clientèles plus vulnérables auxquelles des recommandations cliniques pourraient causer préjudice. Par exemple, quand on fait des évaluations en matière de protection de la jeunesse, les implications peuvent être majeures, notamment s’il s’agit de retirer un enfant ou de le laisser dans son milieu. La formation continue nous semble essentielle, car c’est un moment où l’on réfléchit sur nos façons de faire, nos interventions cliniques, où l’on échange et où l’on remet en question nos interventions pour mieux protéger le public. »

Vers la formation continue obligatoire

Actuellement, les recommandations de formation continue sont les mêmes pour les deux professions –travailleur social et thérapeute conjugal et familial –, c’est-à-dire quinze heures par année. Dès avril 2016, le règlement que l’OTSTFCQ a présenté à l’Office des professions entrera en vigueur, rendant ainsi la formation continue obligatoire.

« Nous savons que de satisfaire à l’obligation de formation continue n’est pas nécessairement facile dans le nouveau contexte de pratique. C’est pourquoi le règlement offrira plus de flexibilité aux membres qui devront suivre 30 heures de formation continue sur une période de deux ans », explique Mme Hébert.

Dans ce règlement, en continuité avec la politique de formation continue existante, les activités classiques, telles que cours, colloques, congrès, sessions de formation pourront représenter la totalité des heures de formation continue. Le règlement offrira aussi la possibilité de réaliser 15 heures d’activité d’autoformation sur deux ans telle la lecture, le mentorat, la participation aux groupes de discussion et de codéveloppement. Les membres pourront aussi participer à des projets de recherche ou donner des conférences.

S’ouvrir au partage des compétences

« Nos professions tournent autour des difficultés que vivent les gens et, comme nous partageons cet aspect avec d’autres professions, il est important d’avoir une perspective interdisciplinaire. Entre professionnels, nous avons intérêt à échanger sur des problématiques auxquelles nous sommes confrontées afin de protéger mieux les gens avec qui nous travaillons, de dégager une complémentarité et d’opérer des transferts de connaissances. »

« La formation continue est aussi une façon d’élargir son réseau, de rompre l’isolement. Un travailleur social ou un thérapeute conjugal et familial qui s’affirme et prend sa place interviendra de façon plus efficace, conclut Mme Hébert.

Ordre des travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

  • Créé en 1960
  • Professions à titre réservé (t.s. et t.c.f.)
  • 12 101 membres au 31 mars 2014 (Rapport annuel)
  • 255, boul. Crémazie Est , bureau 800, Montréal QC H2M 1L5
  • Tél. 514 731-3925  1 888 731-9420 
  • info.general@otstcfq.org
  • http://www.otstcfq.org

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