L’admission à la profession d’infirmière : une question de confiance

Yolaine-Rioux-infirmiereEntretien avec Mme Yolaine Rioux, inf., directrice du Bureau du registraire à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Mme Yolaine Rioux, infirmière depuis 1982, est directrice du Bureau du registraire à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) depuis janvier 2014. C’est sous sa responsabilité que sont gérés les registres des membres, des candidates et des étudiantes.

La profession d’infirmière est une profession à titre réservé et d’exercice exclusif, c’est-à-dire que, selon le Code des professions : « nul ne peut prétendre être infirmière ou infirmier, ni utiliser un titre ou une abréviation pouvant laisser croire qu’il l’est, ni exercer une activité professionnelle réservée aux membres de l’OIIQ, prétendre avoir le droit de le faire ou agir de manière à donner lieu de croire qu’il est autorisé à le faire, s’il n’est détenteur d’un permis valide et s’il n’est inscrit au tableau de l’OIIQ. »

« Un dossier est constitué pour chaque personne qui souhaite accéder à la profession, dès le moment où elle débute ses études en soins infirmiers jusqu’à la délivrance de son permis d’exercice, et ce, en conformité avec les lois et règlements auxquels la profession est assujettie. Présentement, 73 000 infirmières sont inscrites au Tableau de l’OIIQ et nous avons un dossier papier pour chacune, mais nous sommes à prendre le virage vert et prévoyons numériser tous les dossiers », explique Mme Rioux.

Contrôle de la compétence à l’entrée à la profession : essentiel pour la protection du public

L’infirmière exerce une profession qui exige un lien de confiance avec la population, les patients, car elle a accès, sur le plan de la santé, à des données personnelles et confidentielles. « La personne qui entre dans la profession doit être compétente. Cette compétence est attestée par différents moyens, entre autres : l’obtention ou l’équivalence du diplôme (voies d’accès universitaire ou collégiale) et la réussite de l’examen professionnel. »

Les étudiantes sont immatriculées au début de leurs études afin de pouvoir exercer certaines activités, dans le cadre de leurs stages en établissement. » Par la suite, d’autres directions de l’OIIQ s’assurent du maintien de la compétence des membres.

Cheminement pour l’admission

  • Diplômée du Québec

Au Québec, une étudiante a l’autorisation d’exercer à titre d’externe et de poser certains actes, sous la supervision d’une infirmière, après avoir complété la deuxième année de formation au collège et, selon certains critères, à l’université (nombre de crédits).

À la fin de ses études, l’étudiante peut demander une attestation de candidate à l’exercice de la profession infirmière (CEPI). Elle a alors le droit de poser certains actes sous la supervision d’une infirmière.

Elle doit s’inscrire à l’examen professionnel et le réussir afin d’obtenir son permis. Elle doit de plus s’inscrire annuellement au Tableau des membres de l’OIIQ pour exercer la profession.

  • Diplômée du Canada

Si elle est détentrice d’un permis en règle d’une autre province canadienne, elle reçoit ce qui s’appelle dans notre jargon un « permis sur permis » et n’a pas, à ce moment-là, à subir l’examen professionnel. Par contre, elle doit justifier d’une connaissance suffisante de la langue française en rencontrant les exigences de l’Office québécois de la langue française.

  • Diplômée de l’étranger (à l’exception de la France)

L’Ordre procède, selon des critères spécifiques, à une analyse approfondie du dossier des candidates détentrices d’un diplôme obtenu à l’étranger, puis le présente au Comité d’admission par équivalence. Celui-ci valide l’équivalence de diplôme ou de la formation et prescrit un programme d’intégration professionnelle et éventuellement une formation complémentaire.

Les candidates diplômées à l’étranger doivent avoir des compétences équivalentes à celles des infirmières diplômées du Québec. Sont vérifiés les cours que les candidates ont suivis dans leur pays d’origine, par exemple le nombre d’heures en médecine/chirurgie, santé mentale, etc. ainsi que leur expérience de travail.

« Détenir un diplôme en soins infirmiers d’un autre pays ne suffit pas puisque certains pays délivrent des diplômes de niveaux différents, voire inférieurs à celui du Québec. Cela se traduit par des lacunes importantes de la formation, à titre d’exemple, l’absence de formation sur les soins aux personnes âgées.»

« Certaines d’entre elles font face à des difficultés d’adaptation au système de santé québécois, notamment en ce qui concerne la langue d’usage, le français étant essentiel pour communiquer avec les patients. Elles doivent d’ailleurs satisfaire aux exigences de l’Office québécois de la langue française. Et finalement, elles doivent réussir l’examen professionnel pour obtenir leur permis. »

  • Diplômée de France

Depuis l’entrée en vigueur en 2011 du Règlement sur la délivrance d’un permis de l’OIIQ pour donner effet à l’arrangement conclu par l’Ordre en vertu de l’entente entre le Québec et la France en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles (ARM), le nombre d’infirmières venant de la France a presque triplé. Puisque leur diplôme est reconnu comme équivalent à celui du Québec, elles n’ont pas à subir l’examen professionnel. Elles doivent réussir un seul stage de 75 jours en milieu hospitalier pour obtenir le permis d’exercice, en plus des conditions mentionnées au règlement, c.-à-d. détenir un Diplôme d’état français, être membre de l’ONI et avoir exercé au moins 500 heures au cours des 4 dernières années.

En 2013-2014, l’Ordre a délivré au total 3 966 nouveaux permis réguliers et quelque 1 400 personnes se sont retirées de la vie professionnelle.

Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec

  • Créé en 1920
  • Profession à titre réservé et activités réservées  (inf.)
  • 73 145 membres au 31 mars 2014 (Rapport annuel)
  • 4200, rue Molson, Montréal, QC H1Y 4V4
  • Tél. 514 935-2501   –   1 800 363-6048
  • www.oiiq.org
  • inf@oiiq.org

Pour joindre la direction du Bureau du registraire

2 commentaires

  1. nitani arnaud
    Posté le 20 février 2015 | Lien

    j’ai des difficultés à entrer en contact telephonique avec vos services Je suis en Cote d’ivoire et j’entreprends les demarches possibles pour aider ma femme à etre infirmière au quebec. Merci.

    • CIQ
      Posté le 20 février 2015 | Lien

      Monsieur,

      Merci de votre commentaire. Nous vous invitons, comme mentionné dans l’article, à transmettre un courriel à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en utilisant l’adresse suivante: inf@oiiq.org. Vous souhaitant la meilleure des chances dans vos démarches!

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