Ingénieurs : l’inspection professionnelle est bénéfique à l’avancement de la profession

Bernard-Cyr-ingenieurEntretien avec M. Bernard Cyr, ing., chef de la surveillance de l’exercice à l’Ordre des ingénieurs du Québec

M. Bernard Cyr, ingénieur, est membre de son ordre professionnel depuis 1994. Après avoir fait carrière en haute technologie sur des projets internationaux, cet ingénieur industriel accepte, à l’Ordre des ingénieurs du Québec, des responsabilités étroitement liées à la mission de protection du public. Il agit comme chef de l’admission et des permis en 2010, puis comme chef de la surveillance de l’exercice en 2014 et comme secrétaire du Comité d’inspection professionnelle (CIP). La protection du public lui tient réellement à cœur : « J’ai exercé deux fonctions sur trois de notre mandat de protection du public, hormis les activités du syndic! », précise M. Cyr.

L’inspection professionnelle vise à accompagner et à aider l’ingénieur

Une visite d’inspection professionnelle se fait en deux temps. « Nos inspecteurs rencontrent l’ingénieur pour le sensibiliser au cadre législatif, au Code de déontologie, aux règlements, au Guide de pratique professionnelle, aux Lignes directrices, etc. Vous savez, ne peut pas faire du génie qui veut, il y a une responsabilité qui va avec la protection du public. Au cours de la visite, nos inspecteurs font un survol des enjeux de la profession, puis ils vérifient la tenue des dossiers, pour contrôler la conformité du travail de l’ingénieur avec les critères et standards de qualité.

Comme le génie s’est beaucoup diversifié ces dernières décennies, l’Ordre a dû développer des outils adaptés à cette réalité notamment pour l’inspection professionnelle. « Quand mon père a fait son bac en génie, il y avait quatre spécialités : mécanique, électrique, civil et chimique. Aujourd’hui, on en répertorie plus de 40! Ce qui rend beaucoup plus complexe le mandat d’inspection.

La plupart des inspecteurs de l’Ordre sont des ingénieurs qui ont plusieurs années d’expérience. Ils passent en revue le  travail de l’ingénieur visité ce qui inclut les éléments de la profession qu’il doit connaître.

Comment sont choisis les ingénieurs à inspecter

Le programme annuel de surveillance générale de la profession adopté par le Conseil d’administration, sur recommandation du CIP, est à la base de l’inspection professionnelle. Ce document fixe notamment le nombre d’inspections à effectuer pour l’année. Pour 2014-2015, ce chiffre s’élevait à 1 700 et les membres sont choisis aléatoirement dans des secteurs ciblés. « Nous avons visité 600 membres qui offrent des services d’ingénierie en pratique privée et 1 025 qui sont en pratique générale, aéronautique, génie industriel, etc. De plus, nous avons réalisé 75 inspections particulières à la suite d’un signalement. »

Malgré une pointe d’appréhension de prime abord, surtout lorsqu’ils accueillent un inspecteur pour la première fois, les ingénieurs inspectés témoignent généralement d’un niveau élevé de satisfaction à la fin de la visite. La rétroaction montre un niveau d’appréciation de 88 %. M. Cyr confirme : «  L’ingénieur est très occupé, la visite de l’inspecteur est l’occasion de prendre une pause, de réfléchir sur son rôle dans la société, sur l’ensemble des enjeux.»

En 2015, l’Ordre prévoit 2000 visites d’inspection professionnelle et il tiendra compte d’un nouveau plan de surveillance. « Notre objectif est de sensibiliser, de déceler les lacunes, d’aider les ingénieurs à y remédier le cas échéant et à devenir de meilleurs professionnels. »

Et après l’inspection ?

La plupart du temps, le processus de l’inspection professionnelle se termine à la fin de la visite. Dans certains cas, en revanche, l’inspecteur aura détecté de l’incompétence dont il fera mention dans son rapport. « Nous référons la situation au Comité d’inspection professionnelle qui fera une recommandation appropriée au Comité exécutif de l’Ordre suite à une inspection en compétence. » Peut s’en suivre une décision de limitation de l’exercice de la profession assortie d’une formation complémentaire ou d’un stage dans un délai déterminé.

Sur un plan macroscopique, d’autres enseignements sont tirés du rapport d’activité de l’inspection professionnelle présenté au Conseil d’administration de l’Ordre, assorti de recommandations : « Par exemple, l’amélioration des outils de ciblage, la création de nouvelles formations pour les secteurs dans lesquels des lacunes ont été constatées. Ainsi, à la suite des événements tragiques survenus à L’Isle-Verte, il est apparu que les formations offertes en matière de prévention des risques d’incendie étaient insuffisantes. »

L’inspection professionnelle est essentielle, comme dit M. Cyr, c’est un outil privilégié de prévention, servant à la protection du public dans le domaine de l’ingénierie.

Ordre des ingénieurs Québec

 

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