Physiothérapie : pourquoi vérifier la compétence dès l’admission

Uriel-Pierre-PhysiotherapeuteEntretien avec M. Uriel Pierre, pht, M. Sc., coordonnateur à l’admission à l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec

Les physiothérapeutes (pht) et les thérapeutes en réadaptation physique (T.R.P.) travaillent directement avec le public pour leur donner des soins de santé. Il est donc important de s’assurer que les gens reçoivent des services de qualité, dispensés par un professionnel compétent. Être membre de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec confère une garantie de compétence à un professionnel et une garantie à la population qu’elle est bien protégée.

Uriel Pierre est coordonnateur à l’admission à l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec depuis janvier 2012. Il a obtenu son diplôme de l’université de Montréal et son titre de physiothérapeute en 1985, fait un tour à Vancouver et est revenu pour compléter une maîtrise en sciences de la réadaptation à l’université McGill. Il a également siégé plusieurs années au Conseil d’administration de l’Ordre.

Comment se passe l’admission ?

Pour devenir membre de l’Ordre, un diplôme est nécessaire. Cinq universités québécoises offrent un programme d’études de physiothérapie sanctionné par une maîtrise en sciences – physiothérapie, ouvrant la porte au permis d’exercice pour les physiothérapeutes. Pour obtenir un permis d’exercice comme thérapeute en réadaptation physique, il faut détenir un diplôme d’études collégiales en techniques de réadaptation physique.

Pour obtenir son permis d’exercice, le candidat doit remplir une demande et joindre son diplôme ou son relevé de notes. L’Ordre vérifie ensuite si le candidat a des antécédents judiciaires ou disciplinaires. Enfin, le candidat doit souscrire à une assurance responsabilité professionnelle.

Une fois le dossier complet, les vérifications faites, les frais et la cotisation payés, le permis est délivré. Les nouveaux membres reçoivent alors de la documentation utile, par exemple le code de déontologie et la politique de formation continue de l’Ordre.

Personnes formées hors Québec

« Nous recevons une cinquantaine de demandes par année de candidats formés à l’étranger qui veulent exercer la physiothérapie au Québec. Nous étudions soigneusement chaque dossier afin d’assurer la protection du public. »

Comme plusieurs candidats ont fait de la physiothérapie dans leur pays d’origine, ils s’attendent à trouver la même chose au Québec. « Nous les sensibilisons aux particularités de notre système professionnel. Ici, la physiothérapie est exercée par deux professions, les physiothérapeutes qui détiennent une formation universitaire, et les thérapeutes en réadaptation physique qui ont complété une formation collégiale. Les candidats doivent donc faire un choix selon la formation reçue dans leur pays d’origine. Pour les aider, l’Ordre a produit un guide qui leur explique la réalité québécoise. »

Évaluation approfondie

À la demande de l’Ordre, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion effectue une évaluation comparative des études effectuées dans le pays d’origine du candidat, les situe dans le système québécois par rapport à l’équivalence, et les classifie selon le domaine de formation.

« Nous faisons alors un examen détaillé, car il est important que les gens formés hors Québec aient le même niveau de compétence que ceux formés ici, et nous analysons le contenu des cours qu’ils ont suivis dans leur pays. »

« Dans le dossier du candidat, je regarde l’écart entre la scolarité et les conditions nécessaires pour répondre aux exigences de l’Ordre. Je rencontre le candidat et nous discutons de l’option réaliste pour obtenir un permis et commencer à travailler. Il doit alors faire sa demande pour être physiothérapeute ou thérapeute en réadaptation physique. »

Méthode innovante

Mais il existe un autre défi : les personnes qui présentent une scolarité de niveau collégial tout en possédant une expérience comparable à un travail de physiothérapeute. L’Ordre permet à ces candidats de démontrer leur expérience, dans le cadre d’une évaluation de compétence en deux volets :

  • une entrevue dirigée, basée sur des études de cas québécois ;
  • une observation en situation simulée de travail.

Selon les résultats, le comité d’admission prescrira ou non une formation de mise à niveau à l’université ou au collège, ou un stage.

« Notre méthode d’évaluation est vraiment innovante : nous ne regardons pas seulement l’aspect scolarité, mais si une personne formée à l’étranger démontre une réelle compétence de physiothérapeute, elle pourrait accéder au permis après avoir suivi une formation de mise à niveau. Plutôt que de l’obliger à refaire ses études, nous préférons valoriser ses compétences. »

Les principaux pays d’origine des candidats qui soumettent une demande d’admission à l’Ordre sont la Belgique, le Brésil et la Colombie pour les physiothérapeutes, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc pour les thérapeutes en réadaptation physique. « Nous communiquons beaucoup par courriel et par téléphone avec les candidats potentiels, pour régler des formalités alors qu’ils sont encore dans leur pays. Nous espérons bientôt avoir une plateforme Web pour faciliter les échanges. »

Pour les candidats formés en France, une Entente de reconnaissance mutuelle des compétences établit déjà la scolarité exigée pour l’obtention de l’équivalence, ce qui simplifie le processus d’admission.

Et les diplômés des autres provinces canadiennes ?

En vertu de l’Accord de commerce intérieur, les candidats formés ailleurs au Canada qui ont déjà un permis canadien peuvent obtenir un permis québécois, après vérification des antécédents judiciaires et disciplinaires. Ceux qui n’ont pas encore de permis d’une autre province sont assujettis aux mêmes conditions que les diplômés du Québec ; ils doivent produire, en plus, une attestation de bonne conduite.

Pour tous les candidats : connaître la langue française

La Charte de la langue française oblige toutes les personnes qui demandent un permis d’exercice d’avoir une connaissance suffisante de la langue française pour pratiquer leur profession au Québec. Les personnes qui ont étudié dans une université anglophone du Québec doivent réussir l’examen de l’Office québécois de la langue française.

Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec

  • Créé en 1974
  • 7 191 membres au 31 mars 2014 (Rapport annuel)
  • Professions à titre réservé et activités réservées
  • Physiothérapeute et thérapeutes en réadaptation physique (pht, T.R.P.)
  • 7151, rue Jean-Talon Est, bureau 1000 Anjou QC H1M 3N8
  • Tél. 514 351-2770  –  1 800 361-2001
  • physio@oppq.qc.ca
  • www.oppq.qc.ca

 

 

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