L’inspection professionnelle, un outil intégrateur pour la protection du public

Agathe-Bergeron-hygienise-dentaireEntretien avec Mme Agathe Bergeron, H.D., coordonnatrice des services professionnels à l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec.

Dans certains ordres, il existe un lien étroit entre l’inspection professionnelle et le développement professionnel. Qu’en est-il chez les hygiénistes dentaires?

« Pour la protection du public, l’inspection professionnelle et la formation continue sont des outils privilégiés pour nous assurer de la compétence des membres. De nos jours, la technologie évolue à un rythme accéléré, et les membres doivent continuellement maintenir à jour leurs connaissances et leur compétence. Nous veillons à avoir des professionnels compétents, avec un bon jugement professionnel, et qui pensent au bien du patient avant tout », dit Mme Agathe Bergeron, H.D.

Mme Bergeron, hygiéniste dentaire depuis 1980, a également une formation en enseignement et en administration. Elle occupe les fonctions de coordonnatrice des services professionnels à l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, après avoir été membre du Conseil d’administration de l’Ordre de 1996 à 2002.

L’inspection professionnelle

L’Ordre a un Programme de surveillance générale de la profession. Ce programme prévoit que l’ensemble des membres actifs, tous secteurs confondus (clinique, enseignement, compagnie dentaire, CSSS, etc.) doit faire l’objet d’une inspection professionnelle une fois tous les cinq ans. « Nous faisons environ 700 visites au total par an », précise Mme Bergeron.

De plus, une disposition particulière impose une inspection dans l’année pour les hygiénistes dentaires qui ont obtenu leur permis de pratique depuis deux ans. Cette disposition vise à s’assurer que les nouveaux membres amorcent leur carrière du bon pied, en maîtrisant bien les normes de pratique et les règlements qui régissent la profession.

Une inspection professionnelle est également prévue auprès des membres qui reprennent l’exercice de leur profession après interruption. Au sein de notre profession, il y a beaucoup de mouvement à la suite, par exemple, de congé de maternité, déménagement ou réorientation professionnelle. Si on a cessé de pratiquer pendant quelques années, il est plus que probable que le besoin d’une mise à jour des connaissances se fasse sentir! », ajoute Mme Bergeron.

Les membres qui doivent se soumettre à une inspection professionnelle sont désignés aléatoirement par code postal et selon différents critères en lien avec la protection du public. « Nous faisons également des inspections particulières dès lors qu’il existe un doute sur la compétence d’un membre ». Ces inspections peuvent survenir à la suite d’un signalement, d’une dénonciation ou à la suite d’une référence du Conseil d’administration ou du syndic de l’Ordre.

Préalablement à l’inspection professionnelle, les membres reçoivent un questionnaire d’autoévaluation de leur pratique. Ce questionnaire leur permet de constater d’éventuelles lacunes, d’entreprendre les corrections qui s’imposent, de revoir le Code de déontologie de l’Ordre et de se préparer à la visite de l’inspecteur. « Nos membres considèrent généralement l’inspection professionnelle comme une sorte de révision générale et nous disent apprécier l’exercice! »

L’inspection professionnelle soutient également la Politique de formation continue obligatoire de l’Ordre, ainsi que sa mission de protection du public. En effet, lors de sa visite, l’inspecteur examine les activités de formation déclarées, leur pertinence, leur validité. En cas de non-respect de la Politique, une inspection particulière sur la compétence est enclenchée.

Les inspectrices et les membres du Comité, des hygiénistes dentaires d’expérience

Une inspection professionnelle est un exercice qui ne peut être pris à la légère. Les inspectrices de l’Ordre prêtent attention à tout ce qui pourrait mettre en péril la santé du patient, et donc la protection du public. « Nous passons en revue toute la routine d’asepsie : les normes en vigueur sont-elles respectées? Les instruments sont-ils emballés, stérilisés et bien entreposés? Nous vérifions si le permis de travail est bien affiché, si la confidentialité est respectée, la validité des preuves de formation continue, la tenue des dossiers, etc. » La visite d’inspection se veut également un moment d’échange privilégié pour clarifier, valider, améliorer les façons de faire, et ce, toujours pour le bien des patients. Le Comité veille ensuite au suivi rigoureux des recommandations.

Selon Mme Bergeron, le programme d’inspection professionnelle de l’Ordre est performant. Lors des rencontres, les inspectrices, qui comptent plus de 20 ans d’expérience variée dans la profession, décèlent parfois des situations qui se prêtent fort bien à des formations ou des articles à publier dans la revue de l’Ordre, où tout le monde peut apprendre d’un cas particulier.

Mme Bergeron conclut : « Tous les ordres ont le même mandat, mais chacun a une réalité différente en ce qui concerne l’inspection professionnelle. Chez nous, nous ne pouvons pas nous limiter qu’à l’autoévaluation. La visite d’inspection permet, au bout du compte, d’améliorer constamment la pratique de même que nos méthodes de surveillance, pour une meilleure protection du public. »

Ordre des hygiénistes dentaires du Québec

  • Créé en 1975
  • 5 822 membres au 31 mars 2014 (Rapport annuel)
  • Profession à titre réservé (H.D.)
  • 1155, rue University, bureau 1212, Montréal (QC) H3B 3A7
  • Tél. 514 284-7639 – 1 800 361-2996
  • info@ohdq.com
  • http://www.ohdq.com

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