Collaboration interprofessionnelle : énoncé de position conjoint de trois ordres

group of happy medics in white coatsLes ordres professionnels contribuent de diverses façons au mieux-être de la collectivité. En voici un bel exemple issu de la collaboration entre l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec qui se prononcent sur un énoncé de position conjoint concernant la collaboration interprofessionnelle. 

Montréal, le 1er juin 2015 – L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), le Collège des médecins du Québec (CMQ) et l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ont profité aujourd’hui du 6e Congrès mondial du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF), qui porte sur le défi des maladies chroniques, pour s’engager sur un énoncé de position conjoint sur la collaboration interprofessionnelle.

Dans cet énoncé intitulé Rehausser la qualité et la sécurité des soins, l’OIIQ, le CMQ et l’OPQ estiment que dans tous les milieux de soins, la collaboration interprofessionnelle et la prise en charge partagée dans un contexte de pratique collaborative doivent être intensifiées, car ces pratiques contribuent à assurer la qualité et la sécurité des soins, à améliorer l’accès aux soins et aux services de santé ainsi qu’à favoriser la coordination et la continuité des soins pour le patient.

Recourir davantage aux équipes interprofessionnelles

L’engagement des trois ordres professionnels est donc une invitation à prendre tous les moyens pour que le déploiement d’équipes interprofessionnelles s’intensifie dans les groupes de médecine de famille, les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), les centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) et les établissements universitaires, tout au long du continuum des soins, notamment pour les personnes ayant des maladies chroniques.

Selon la présidente de l’OIIQ, Lucie Tremblay, « la collaboration interprofessionnelle à tous les niveaux permet d’améliorer l’accès à des soins et à des services de qualité à l’avantage des patients. Les pratiques collaboratives ont fait leurs preuves, particulièrement pour les personnes qui nécessitent l’intervention coordonnée de plusieurs professionnels. Certains programmes ont démontré, entre autres, des réductions des visites à l’urgence de l’ordre de 50 à 60 % pour les usagers pris en charge selon des pratiques interprofessionnelles ».

La collaboration interprofessionnelle, qui peut prendre différentes formes, fait non seulement appel aux infirmières, aux médecins et aux pharmaciens, mais aussi aux expertises de tous les professionnels de la santé, comme les nutritionnistes, les inhalothérapeutes, les travailleurs sociaux, etc. Cette collaboration prend particulièrement son sens dans le cas des soins qui doivent être prodigués à des personnes ayant des problèmes de santé complexes. L’énoncé sur la collaboration interprofessionnelle fait l’objet d’un soutien marqué de la part de vingt autres ordres professionnels du secteur de la santé du Québec, un geste clair d’une pensée commune pour la qualité des soins des patients du Québec.

Le président-directeur général du Collège des médecins du Québec, le Dr Charles Bernard, estime que « la collaboration, la communication, le partage d’information et la compréhension des rôles des différents intervenants doivent désormais guider les pratiques des équipes interprofessionnelles et instaurer de nouveaux standards de qualité en matière de soins. Plus que jamais, les médecins sont appelés à adapter leur pratique afin de favoriser l’interdisciplinarité et d’assurer un meilleur accès aux services de santé ».

La pratique collaborative invite aussi à un mode de fonctionnement en partenariat, qui permet de maximiser l’échange d’information et d’optimiser la prise de décisions entre professionnels en fonction de la situation particulière du patient. Selon Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, « une pratique en solo en 2015 est une mauvaise pratique clinique et les ordres professionnels de la santé se mobilisent pour intensifier les pratiques collaboratives qui engagent toute l’équipe clinique dans une pratique concertée et surtout centrée sur le patient ».

Un exemple de collaboration d’une équipe interprofessionnelle

Les maladies chroniques touchent 9 millions de Canadiens, soit le tiers de la population. De ce nombre, 33 % ont plus d’une maladie chronique. Cette problématique est en pleine croissance compte tenu du vieillissement de la population et représente 60 % du budget de la santé. Visionnez le témoignage de membres d’une équipe du programme Alliance du CIUSSS de la Capitale-Nationale au sujet de leur expérience de gestion clinique intégrée de grands utilisateurs de services.

Enfin, mentionnons que la maladie chronique est non contagieuse, permanente, résulte en général de l’interaction de plusieurs facteurs de risque, se traite, mais ne se guérit pas, est incapacitante pour le patient et sa famille, nécessite une prise en charge à long terme et implique de nombreux professionnels de la santé. Les maladies chroniques les plus courantes sont : les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cancer, l’asthme, les maladies pulmonaires obstructives, l’arthrite, les démences et les maladies mentales de nature permanente. Par ailleurs, des études démontrent que les programmes de prévention et d’éducation à la santé sont déterminants dans la réduction du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques et dans la diminution de l’impact de celles-ci sur la condition de santé des personnes.

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