Audioprothésiste : comment on protège le public

sophie_gagnon_presidente_audioprothesistesDepuis quelque temps, votre audition ou celle d’un proche n’est plus ce qu’elle était. Le volume du téléviseur monte de plusieurs crans… Il est vrai qu’à 70 ans, c’est un peu normal, mais personne ne souhaite se sentir diminué. Vous, ou votre proche avez besoin d’une aide professionnelle et vous allez voir un audioprothésiste.

L’audioprothésiste fait partie des professions régies et contrôlées par un ordre professionnel. En effet, si des personnes non formées adéquatement exerçaient cette profession, les clients ou patients pourraient subir des préjudices. C’est la raison d’être des ordres : la protection du public.

Des moyens de protection : parole de présidente

Mme Sophie Gagnon, audioprothésiste depuis 1984, est la présidente de l’Ordre des audioprothésistes du Québec depuis 2012. La protection du public elle connaît, étant engagée dans les activités de l’Ordre depuis vingt ans. Elle siège au conseil d’administration  depuis sept ans et a œuvré au bureau du syndic pendant dix ans.

Comme présidente, comment Mme Gagnon voit-elle son rôle en regard de la mission de protection du public ? « Ce rôle est défini par le Code des professions et donne au président un droit de surveillance des affaires de l’Ordre. Je préside les réunions du conseil d’administration, j’ai la responsabilité de la gestion des affaires du bureau, notamment de veiller à l’application des décisions des instances. J’ai la conviction que l’essentiel passe par des valeurs fondamentales telles l’intégrité, le respect des personnes, la rigueur. J’insiste sur la rigueur professionnelle. Tout ce qui est fait mérite d’être bien fait, selon les lois et normes professionnelles. Le public a des attentes et on doit les remplir. »

Des clientèles parfois vulnérables

Protéger le public consiste donc à éviter autant que possible que les usagers subissent des préjudices et à poser des balises professionnelles et déontologiques. « Notre clientèle est vulnérable. Nous travaillons beaucoup avec les personnes âgées notamment qui sont le plus souvent malades ou seules. Elles doivent être protégées. Par ailleurs, nous utilisons des technologies qui évoluent très vite, il est donc important que nos membres acquièrent la formation adéquate et mettent constamment à jour leurs connaissances. Sinon, les patients ne pourraient pas bénéficier pleinement de leur appareil et subiraient donc un préjudice; ils sont en droit d’obtenir l’encadrement adéquat. »

Le syndic d’un ordre professionnel remplit l’une des fonctions privilégiées pour encadrer la profession. Selon le Rapport annuel de l’Ordre des audioprothésistes, parmi les motifs les plus fréquemment invoqués lors d’une demande d’enquête, on trouve des questionnements sur les services professionnels rendus et, surtout, des manquements aux règlements sur la publicité concernant les appareillages.

Pour maintenir la qualité des services 

Le conseil d’administration s’appuie continuellement sur le mandat de protection du public pour orienter les actions de l’Ordre. Outre une planification stratégique triennale révisée annuellement, Mme Gagnon énumère d’autres moyens ainsi mis en œuvre pour maintenir la qualité des services professionnels : « Un important travail est effectué par les comités, parmi lesquels la formation initiale des membres (admission contrôlée), la formation continue (maintien des compétences), l’inspection professionnelle (pratique conforme à la réglementation), etc. De plus, le conseil de discipline, qui est un tribunal indépendant de l’Ordre, entend et sanctionne les cas instruits par le syndic. Nous attachons beaucoup d’importance à l’observation du règlement sur la publicité par nos membres, afin d’éviter tout aspect commercial et de protéger la clientèle, car l’audioprothésiste offre un service de santé ! »

Conseils au patient qui estime avoir été lésé 

Toute personne ayant un doute sur le service ou le comportement d’un audioprothésiste ne doit pas hésiter à s’adresser à l’Ordre afin d’expliquer ce qui la tracasse. Sachant qu’un appareil auditif ne redonnera pas les oreilles des vingt ans, et que la satisfaction sera fonction des attentes, Mme Gagnon récapitule ce qu’il convient de faire :

  • Téléphoner à l’ordre, au bureau du syndic, pour expliquer leur doute;
  • Regrouper les documents, les faits, les dates;
  • Déposer une plainte, les personnes âgées ne doivent pas avoir peur (le syndic consultera l’audioprothésiste et examinera le dossier et ses aspects déontologiques);
  • Établir une relation de confiance avec l’audioprothésiste et oser poser toutes les questions nécessaires.

Ordre des audioprothésistes du Québec

  • Créé en 1973
  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 350 (dont 62 % sont des femmes)
  • 11370, rue Notre-Dame Est, bureau 202-A, Montréal QC H1B 2W6

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