Oser questionner : le secret d’une bonne relation avec son optométriste

langis_michaud_president_opto« On peut comparer le rôle du président d’un ordre à celui d’un chef d’orchestre », déclare de but en blanc le Dr Langis Michaud, optométriste depuis trente ans, président de l’Ordre des optométristes du Québec. « Dans ce sens, je dois m’assurer que toutes les instances de l’Ordre remplissent leur mission. »

Le président d’un ordre, en lien avec le conseil d’administration, donne le ton afin que la protection du public se reflète dans tous les travaux de l’organisation. « Je veille à ce que l’ensemble des opérations de l’Ordre soit bien orienté vers notre mission de protection du public, à ce que le public soit informé des recours que lui donne la loi, sur le site internet par exemple, à ce que notre réglementation soit à jour et à ce que les comités internes  soient actifs », précise Dr Michaud, optométriste, président de l’Ordre depuis trois ans et impliqué dans cet organisme comme administrateur depuis six ans.

De potentiels préjudices

L’optométrie est l’une des 54 professions réglementées par le biais d’un ordre professionnel au Québec. Les optométristes sont tenus d’être membres de l’Ordre pour exercer leur profession et donc, de se soumettre aux normes de qualité établies pour s’assurer que la population reçoit les meilleurs services possible.

Quel préjudice le public pourrait-il subir si la profession d’optométriste n’était pas réglementée ? Selon le président, le risque se situe à plusieurs niveaux : « Nous fournissons des soins oculaires et visuels qui sont à risque élevé sur le plan de la santé des patients. Par exemple, les risques liés à une mauvaise évaluation ou à un traitement inadéquat des pathologies oculaires,  pouvant conduire à des impacts négatifs importants sur la vision et la santé oculaire des patients.»

L’optométriste procède à un examen oculovisuel complet visant à évaluer la vision et la santé oculaire du patient, à la suite de quoi il établit un plan de traitement pertinent. « En l’absence de réglementation, n’importe qui pourrait effectuer ces activités ou faire du dépistage des maladies oculaires sans en avoir la compétence, ce qui entraînerait éventuellement des préjudices certains aux patients. L’Ordre doit s’assurer que les activités réservées ne soient exercées que par des personnes qui ont un permis de pratique et donc qui en ont la compétence. »

Par ailleurs, des préjudices pourraient également être causés par des optométristes qui outrepasseraient leurs droits en posant des actes non autorisés. Comme en témoigne le Dr Michaud, optométriste,  « si un optométriste qui ne détient pas les permis requis vous prescrivait un médicament, il pourrait en découler des risques importants en raison des connaissances et compétences insuffisantes du professionnel en question pour déterminer le bon traitement.  Un tel professionnel aurait plutôt dû référer le patient à un collègue qui sera qualifié pour donner les soins requis. L’Ordre doit donc protéger les patients en s’assurant que l’optométriste ait la compétence nécessaire et qu’il pratique selon les règles de l’art ainsi que la limite de ses permis d’exercice. »

Lentilles ophtalmiques : lunettes, et lentilles cornéennes

Là encore, une évaluation adéquate et un traitement approprié sont essentiels. Comme le dit le Dr Michaud, optométriste « pour prescrire le bon produit, il faut avoir l’information adéquate et complète. On ne prescrit pas les mêmes types de lentilles ophtalmiques à une personne qui travaille à l’ordinateur huit heures par jour qu’à un camionneur qui conduit de nuit. Il faut apprécier les différentes demandes visuelles et suggérer les produits appropriés.»

Le président ajoute que la santé oculaire est aujourd’hui un aspect important dans la pratique de l’optométriste. « Avec des lentilles cornéennes, on peut développer des infections, alors il faut non seulement prescrire la lentille adéquate, mais également prodiguer des recommandations et s’assurer de la bonne utilisation du produit, notamment par un examen approprié lors du renouvellement des lentilles.  »

Les cas précités pourraient donner lieu à une intervention du syndic, conformément à l’encadrement réglementaire et déontologique. « Le dépôt d’une plainte au conseil de discipline  n’est pas toujours automatique, le syndic évalue chaque cas qui lui est présenté avant de procéder au dépôt d’une plainte. Le syndic peut tenter de faire une conciliation. Le bureau du syndic exerce son jugement afin de trouver une solution efficace qui assure la protection du public» de préciser le président.

Un maillon de la chaîne de protection du public : le conseil d’administration

« L’inspection professionnelle et le syndic sont au cœur de la mission d’un ordre. Divers autres comités sont également constitués pour des fonctions particulières, comme le comité de l’exercice, le comité de législation et réglementation et le comité de gouvernance. Le comité de gouvernance, quant à lui, a pour fonction d’aviser le conseil d’administration sur les meilleures pratiques en matière de gouvernance et d’éthique. Par ailleurs, nous veillons à ce que nos administrateurs et nos membres de comités soient bien formés. Périodiquement, nous rendons disponibles des sessions de formation en vue de raffiner la connaissance du rôle de chacun et du fonctionnement des ordres professionnels, par l’entremise du CIQ notamment. »

Conseil à un patient mécontent

Le meilleur conseil, c’est de s’adresser au syndic ou de faire une demande d’information à l’Ordre. « Notre objectif c’est de donner une réponse satisfaisante à la personne qui nous appelle. Ce qui est encore mieux, c’est d’avoir une bonne relation avec le professionnel. Sentez-vous libre de poser toutes les questions possibles lors de la consultation, et prenez le temps de décanter, si on vous propose un traitement hors de l’ordinaire. En cas de doute, demandez une 2e opinion. »

Ordre des optométristes du Québec

  • Créé en 1906 (s’appelait alors le Collège des optométristes et opticiens de la province du Québec)
  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 1469 (dont 66 % sont des femmes)
  • 1265, rue Berri, bureau 700, Montréal QC H2L 4X4
  • 514 499 0524 ou 1 888 499 0524 (sans frais)

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