Mille et un moyens de protéger le public quand on est psychoéducatrice

chantal_gauthier_psychoedSelon le site Web de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, « le psychoéducateur intervient auprès de personnes aux prises avec des difficultés d’adaptation se manifestant sur le plan comportemental dans leurs différents milieux de vie. » Les clients en psychoéducation peuvent très bien être des personnes adultes, même si le plus souvent on associe la psychoéducation aux enfants.

« La psychoéducatrice ou le psychoéducateur s’occupe de personnes qui traversent un moment de détresse. Elles ont besoin d’aide. Il faut les protéger. » C’est ce que déclare Mme Chantal Gauthier, psychoéducatrice depuis 26 ans, qui œuvre dans une école primaire. Au quotidien, elle réalise l’importance des mécanismes mis en place par son ordre professionnel pour bien encadrer la pratique et assurer ainsi la protection du public, tels que le code de déontologie, le règlement sur la tenue des dossiers ou la nécessité de maintenir ses connaissances à jour.

Des balises déontologiques pour protéger l’enfant

Tout professionnel doit s’assurer que les services qu’il rend répondent aux standards établis par son ordre pour assurer la protection du public. Les normes déontologiques doivent être respectées à la lettre. Cette obligation est d’autant plus importante lorsque le professionnel intervient auprès d’enfants mineurs.

Pour Mme Gauthier, le respect de la confidentialité des informations transmises par le client est un aspect essentiel des devoirs et obligations du code de déontologie de sa profession. Elle y est confrontée quotidiennement dans l’école primaire où elle exerce. Sans normes établies, l’information confidentielle pourrait circuler de manière inadéquate et porter préjudice au client, en l’occurrence à l’enfant qui a besoin d’aide, et nuire à son épanouissement. « Si nous recevons une demande d’information sur la teneur d’un dossier, nous devons valider l’accord et la compréhension du parent ou de l’enfant », et ce, avant de divulguer quoi que ce soit.

Le droit au respect

Dans son travail, la psychoéducatrice est confrontée quotidiennement à la protection de l’enfant. Aucune routine. « Je fais de la prévention universelle en sensibilisant tous les élèves à leur droit au respect, leur droit de ne pas se faire intimider, bref de se sentir en sécurité à l’école. De plus en plus de jeunes savent maintenant qu’il y a des personnes-ressources fiables, des gens qui agissent avec éthique, qui sont formés et qui s’occuperont d’eux en situation difficile. Nous informons aussi les parents de l’importance du bien-être psychologique et socioaffectif des enfants à l’école. »

Dans sa pratique, Mme Gauthier a la responsabilité de valider la compréhension de son intervention, auprès de l’élève s’il a plus de 14 ans ou auprès des parents si l’enfant est plus jeune, et d’obtenir un consentement libre et éclairé.

Les enfants nouvellement établis au Québec posent un défi supplémentaire. Souvent, les familles arrivent après avoir vécu des situations difficiles dans leur pays d’origine et l’ouverture à l’autre peut être un tabou dans certaines cultures. « C’est à nous de leur montrer qu’au Québec nous avons des ressources non coercitives. Nous devons redoubler d’empathie et être rassurants, pour obtenir le consentement à notre intervention auprès des immigrants récents. Il faut prendre le temps d’assurer une transition harmonieuse afin que l’enfant puisse s’épanouir dans son nouveau contexte. »

La tenue de dossier

Toute intervention en psychoéducation doit être consignée au dossier de la personne concernée. Les notes doivent être inscrites de façon rigoureuse et minutieuse, et ce, en vertu d’un règlement adopté par l’Ordre et sanctionné par le gouvernement du Québec. La qualité des dossiers pourrait être évaluée lors d’une inspection professionnelle, par exemple. « Il convient de bien documenter nos interventions. Jamais de feuilles qui traînent, tout doit être dans un classeur. Il faut nuancer les écrits, ne jamais porter de jugement. De l’information biaisée pourrait causer des dérapages. Inversement, l’absence au dossier de trace d’antécédents pourrait être dommageable, si jamais l’enfant connaissait d’autres difficultés ultérieurement. »

L’Ordre a une place

Mme Gauthier souligne également l’importance de la formation pour maintenir ses connaissances à jour, une autre obligation imposée aux professionnels pour assurer la protection du public. « Dans mon milieu de travail, chaque membre de la grande équipe de la psychoéducation a l’opportunité de communiquer ses besoins en formation continue lors des rencontres mensuelles privilégiées par l’employeur. Nous profitons aussi de ces moments de concertation pour recevoir des représentants de l’Ordre afin d’optimiser et d’uniformiser les bonnes pratiques professionnelles. C’est une gestion organisationnelle qui favorise aussi la protection du public. »

Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec

Créé en 2010 (auparavant, ces professionnels étaient membres de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation et des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec)

Membres au 31 mars 2015 : 4 217 (dont 85,5 % sont des femmes)

510-1600, boul. Henri-Bourassa Ouest, Montréal (Québec)  H3M 3E2, 514 333 6601 ou 1 877 913 6601

Information générale : info@ordrepsed.qc.ca

Site Web : ordrepsed.qc.ca

2 commentaires

  1. Fournier
    Posté le 6 février 2016 | Lien

    Bonjour j’ai un Dec. en tes et 30 ans de travail en centre jeunesse et un certificat en intervention auprès des jeunes. Puis je faire partie de l ordre?

    • CIQ
      Posté le 8 février 2016 | Lien

      Bonjour,

      Merci pour votre question. Cependant, il faudrait vous adresser à l’Ordre, car c’est l’Ordre qui détermine et connaît les critères d’admissibilité à la profession. Les coordonnées pour rejoindr l’Ordre sont à la page suivante: http://www.ordrepsed.qc.ca/fr/nous-joindre/

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