Les demandes d’agrément à l’OTTIAQ : un réel engouement

maria_duarte_ottiaq_admission1Entretien avec Mme Maria Duarte, traductrice agréée, responsable du Comité de l’agrément, Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ)

Mme Maria Duarte est traductrice agréée depuis plus de vingt ans. Bénévole à l’OTTIAQ, elle a été membre du Conseil d’administration et est responsable du Comité de l’agrément depuis une dizaine d’années. Elle est associée déléguée au sein du groupe national de traduction/communications d’un des quatre grands cabinets comptables.

« L’OTTIAQ reçoit actuellement beaucoup de demandes d’agrément, dont certaines proviennent d’autres pays, confie-t-elle. Le défi consiste à étudier tous les dossiers dans un délai raisonnable. Mais les membres du Comité, tous des professionnels agréés bénévoles, sont pleins de bonne volonté et n’hésitent pas à mettre les bouchées doubles pour y parvenir. »

Comme dans bien des secteurs d’activité, la relève est un souci de tous les instants. Il faut contrer l’attrition naturelle par l’arrivée de nouvelles cohortes. C’est pourquoi il est essentiel que les ambassadeurs de l’OTTIAQ continuent de visiter les écoles et les universités pour faire connaître les trois professions langagières chapeautées par l’Ordre. « C’est primordial! »

L’agrément : pour la protection du public

Pour Mme Duarte, « l’agrément confère un titre professionnel qui permet de se tailler une place sur les marchés local, national et mondial. Nos professions demeurent cependant méconnues : contrairement à la perception générale, la principale qualité du langagier, qu’il soit traducteur, terminologue ou interprète, n’est pas d’être bilingue, mais plutôt d’être le vecteur de la communication et de la compréhension entre des personnes de langues et de cultures différentes. Et le titre de traducteur, de terminologue ou d’interprète agréé confère au professionnel un statut qui le place au rang des quelque 378 000 professionnels issus des 54 professions réglementées du système professionnel québécois dont la raison d’être est la protection du public. Ce n’est pas négligeable! »

Pour le professionnel, être membre de l’OTTIAQ signifie non seulement que sa compétence a été évaluée et reconnue en bonne et due forme, mais qu’il accepte d’être régi par un ensemble de lois et de règlements, notamment le Code des professions et un code de déontologie.

Pour le public, faire appel aux membres de l’OTTIAQ comporte de nombreux avantages. Non seulement est-ce un gage de résultats, mais cela ouvre accès aux différents recours prévus au Code des professions, notamment la possibilité de faire appel au syndic en cas de manquement de la part du professionnel.

« Nous sommes conscients qu’il y a des gens qui s’improvisent traducteurs. Cela peut être désastreux pour le public utilisateur. La traduction, ce n’est pas une opération mécanique. C’est un exercice mental complexe. Il est donc hasardeux d’opérer le transfert linguistique si on n’a pas acquis les compétences nécessaires dans le cadre d’études universitaires ou d’une expérience de travail pertinente. »

Le processus d’admission

Plusieurs voies mènent à l’obtention du titre de traducteur, de terminologue ou d’interprète agréé. Pour devenir traducteur agréé, par exemple, la voie privilégiée est l’obtention d’un diplôme décerné par une université dont le programme de traduction est reconnu par l’OTTIAQ (ou un diplôme jugé équivalent) et la réussite du programme de mentorat. Ce programme, d’une durée habituelle de six mois, permet au candidat à l’exercice de bénéficier des conseils et de la rétroaction du membre chevronné auquel il a été jumelé. Par contre, le diplômé qui a acquis une expérience de travail pertinente d’au moins deux ans bénéficie d’une équivalence du programme de mentorat. Quant au candidat qui ne détient pas de diplôme reconnu, il peut bénéficier d’une équivalence de formation s’il démontre qu’il possède des compétences équivalentes à celles acquises par le titulaire d’un tel diplôme. L’Ordre tient alors compte de facteurs comme la nature et la durée de son expérience, la détention d’un autre diplôme et la qualité des échantillons de travaux exécutés dans l’exercice de ses fonctions.

Tous les éléments du dossier d’agrément sont examinés minutieusement par le Comité de l’agrément : attestations de formation et d’expérience, rapport de mentorat et recommandation du mentor, évaluation des échantillons et recommandation de l’évaluateur, etc. Le Comité, composé de sept membres agréés représentant les trois professions et d’une coordonnatrice de la permanence de l’Ordre, se réunit au moins une fois par mois : « C’est une équipe de bénévoles tout à fait dévoués à la cause! »

La force du nombre

La force du nombre aurait une incidence certaine sur la notoriété des trois professions et donc sur la protection du public. « J’y crois énormément! » conclut Mme Duarte, en invitant les étudiants des programmes de traduction à devenir étudiants inscrits et les finissants à s’inscrire au programme de mentorat afin de soumettre leur dossier de candidature dès que possible ou à s’inscrire à l’Ordre à titre d’aspirants.

Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec

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