De la pyrite aux gisements miniers à l’environnement : le géologue est à l’affût!

Daniel Tousignant, geologuePrès de 1 000 géologues exercent au Québec, et ce, dans plusieurs domaines dont l’exploration des ressources du sous-sol, le captage et la protection de l’eau souterraine, la caractérisation et la restauration des terrains contaminés ainsi que l’implantation d’aménagements et la prévention des risques naturels.

Le titre de géologue est réservé aux membres de l’Ordre des géologues du Québec dont la mission est de protéger l’intérêt du public en garantissant que les services rendus répondent à des standards élevés d’éthique et de professionnalisme.

 

Pourquoi protéger le public en géologie

M. Daniel Tousignant, géologue depuis bien avant la création de l’Ordre en 2001, explique quelques aspects de son travail. Durant 23 ans, il a réalisé et supervisé des caractérisations environnementales de sites, son domaine de prédilection. « Il faut que le travail soit fait par une personne qui a des compétences en sciences de la terre. Par exemple, dans une transaction immobilière, il procède aux tests requis pour déterminer s’il y a présence de pyrite. Dans une transaction commerciale, il vérifie si le terrain est entaché d’un passif environnemental, s’il est contaminé notamment par des hydrocarbures ou la présence de déchets dans les remblais. Le cas échéant, il chiffre le coût de la décontamination et de la réhabilitation et identifie les situations à risque pour la santé, etc. Le tout en conformité avec les règlements en vigueur et les politiques du ministère de l’Environnement. »

Le géologue est très présent dans l’exploration minière. M. Tousignant fait valoir que la signature du géologue au bas du rapport sur un gisement garantit que les valeurs sont réelles et que le travail a été réalisé dans le respect des obligations qu’impose le code de déontologie de l’Ordre. « Le géologue intervient aussi sur des projets d’aménagement comme des barrages, des murs de soutènement, des tunnels, des routes, des voies ferrées. Les études préalables évaluent les conditions du terrain comme par exemple les risques de glissement de terrain. Si de tels risques existent, le géologue doit recommander des solutions pour les contrer. »

Un grand pas pour la protection du public

Le gouvernement du Québec a adopté la Loi sur les géologues en 2001, à la suite d’une fraude faite en 1997 menant à la manipulation de stocks à la bourse par de l’information fausse sur un supposé gisement d’or en Indonésie. En réaction, les Commissions des valeurs mobilières ont insisté pour que de telles informations soient contrôlées par des professionnels, ce qui a mené à la création de l’Ordre des géologues. Depuis lors, les rapports techniques concernant les projets miniers cités en bourse doivent être réalisés par des professionnels compétents, membres de l’Ordre.

Cependant, la Loi sur les géologues n’offre pas toutes les protections auquel le public est en droit de s’attendre en ce qui concerne la géologie. Des améliorations à la Loi sont attendues, notamment en ce qui a trait aux études environnementales. M. Tousignant, qui a enseigné cette matière à l’Université de Sherbrooke, s’inquiète : « Il faut une loi pour que le public soit mieux protégé dans ce domaine. Aujourd’hui, n’importe qui peut faire les études de caractérisation des sols et de l’eau souterraine et, sans le savoir, le public fait parfois appel à des gens qui n’ont pas les compétences nécessaires. Il faut une solide formation en sciences de la terre pour faire ces études. Le Québec est la seule province canadienne qui n’a pas de législation professionnelle encadrant la caractérisation des sols et de l’eau souterraine potentiellement contaminés. On attend cette loi depuis trop longtemps, car au plan environnemental le public est mal protégé. » 

Inspecteur professionnel

Autre corde à son arc, M. Tousignant est, depuis deux ans, inspecteur à l’inspection professionnelle de l’Ordre. C’est l’un des principaux mécanismes d’un ordre pour s’acquitter de son mandat de protection du public. « Quand nous visitons un géologue, on vise l’amélioration des compétences. C’est l’occasion de poser de nombreuses questions sur son éthique professionnelle, sa formation continue (obligation de 60 heures en 2 ans), la tenue des dossiers, la rédaction des rapports, l’authentification des documents, le bon calibrage des appareils, etc. Nous insistons sur sa responsabilité professionnelle lorsqu’il appose sa signature sur un rapport. »

Les rapports rédigés à la suite de chacune des visites faites auprès des membres sont soumis au comité d’inspection professionnelle. « Parfois, il est utile de recommander des correctifs et le membre doit mettre en place un plan d’action dont nous vérifions l’exécution. » Avantage supplémentaire, mentionné par M. Tousignant : «  En étant sur le terrain, nous observons aussi l’évolution de la profession dans différents domaines, ce qui conduit parfois à revoir des procédures ou des règlements. »

Ordre des géologues du Québec

  • Créé en 2001
  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 939 (dont 79,1 % sont des hommes)
  • 500, rue Sherbrooke Ouest, bureau 900, Montréal (Québec) H3A 3C6
  • 514 278-6220 ou 1 888 377-7708
  • Information générale : info@ogq.qc.ca
  • Site Web : http://www.ogq.qc.ca

5 commentaires

  1. Paul Lemieux
    Posté le 10 janvier 2017 | Lien

    Bonjour , J’ai fait partie de L’Ordre des géologues il y a 7 ans ,si je voulais ëtre réadmis quest-ce que j’aurais à faire ? Merci , cordialement,

    • CIQ CIQ
      Posté le 10 janvier 2017 | Lien

      Bonjour,
      Merci pour votre question.
      Le Conseil interprofessionnel du Québec est le regroupement des 46 ordres professionnels du Québec. À ce titre, il agit comme voix collective des ordres sur des dossiers d’intérêt commun et comme organisme-conseil auprès du gouvernement du Québec. Nous ne pouvons répondre à votre question. Nous vous suggérons toutefois de vous adresser directement à l’Ordre des géologues du Québec en ce concerne les conditions d’admission.
      Voici les coordonnées de l’Ordre:
      Site Web: http://www.ogq.qc.ca/contact
      Téléphone: (514) 278-6220

  2. André Bélisle
    Posté le 26 février 2016 | Lien

    Quelle est la position de l’Ordre des géologues sur le réchauffement planétaire ?
    Plusieurs géologues ont nié férocement et publiquement le réchauffement planétaire.

    • CIQ
      Posté le 29 février 2016 | Lien

      Monsieur Délisle,

      Nous vous remercions de votre question. Vous comprendrez, cependant, que le Conseil interprofessionnel du Québec ne peut répondre à cette question pour l’Ordre des géologues du Québec. Nous vous invitons cependant à communiquer avec l’Ordre avec de valider si l’organisation a une position sur cette question: http://www.ogq.qc.ca/contact.

      Au plaisir.

    • CIQ
      Posté le 14 mars 2016 | Lien

      À la demande de l’Ordre, nous vous transmettons leur réponse.

      Le réponse de l’Ordre des géologues serait la suivante :

      L’Ordre des géologues n’a pas de « position sur le réchauffement climatique » au sens entendu par M. Bélisle car l’Ordre ne prend pas position sur des phénomènes physiques dont l’étude ou l’évaluation relève de la science.
      Dans de telles situations, la position de l’Ordre est d’insister pour que la science soit bien faite et que les conclusions de la science soient bien communiquées.
      Dans la cas du réchauffement climatique, il existe maintenant un consensus scientifique international à l’effet que le climat se réchauffe depuis plus d’un siècle en raison des impacts croissants de l’activité humaine. Il importe de rappeler que la compréhension des phénomènes climatiques sur de longues périodes ( siècles et millénaires) n’a été possible qu’avec les contributions de multiples chercheurs en sciences de la terre et que la science du réchauffement climatique s’appuie, entre autres, sur le travail des géologues.

      Alain Liard, géo.
      Directeur général et Secrétaire
      Ordre des géologues du Québec

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