L’inspection professionnelle chez les inhalothérapeutes : un outil de prédilection pour la protection du public

sandra-di-palmaChaque ordre professionnel met en œuvre plusieurs mécanismes qui contribuent à la protection du public. L’un d’entre eux, l’inspection professionnelle est parmi les moins connus. Madame Sandra Di Palma, inhalothérapeute depuis 2009, coordonnatrice à l’inspection professionnelle à l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec depuis 2014, nous parle des processus instaurés pour veiller à la compétence de leurs membres.

Le rôle de l’inspection professionnelle

Le comité d’inspection professionnelle, pour lequel madame Di Palma agit à titre de secrétaire, est composé de cinq membres et assure la vigie de la pratique professionnelle des inhalothérapeutes. Suivant le programme de surveillance établi, il détermine chaque année les établissements à visiter. En effet, parce que la majorité des inhalothérapeutes travaillent dans les établissements de santé publics ou privés, les inspecteurs se déplacent la plupart du temps sur le terrain et les rencontrent dans leur milieu. Cette formule permet de s’assurer d’une pratique professionnelle uniforme et conforme aux normes.

Protéger les patients

L’inhalothérapeute, par son expertise clinique en santé cardiorespiratoire, intervient notamment en assistance anesthésique, aux soins intensifs, à l’urgence. « Sous ordonnance médicale, nous effectuons des manipulations et des gestes complexes, comme l’intubation endéotrachéale ou d’autres actes invasifs, qui pourraient entrainer des conséquences plus ou moins graves s’ils étaient réalisés par quelqu’un ne possédant pas les compétences requises. Or, la mission de l’Ordre consiste précisément à veiller pour éviter tout type de préjudice. »

À cet effet, l’inhalothérapeute dispose d’une panoplie d’outils — guides de pratique clinique, normes de bonnes pratiques et cadres de référence, etc. — pour encadrer de manière sécuritaire son travail auprès du patient et ainsi assurer la protection du public. Les normes de pratique et le cadre des compétences définissent chaque compétence requise par l’inhalothérapeute et servent de référence pour évaluer la qualité des services qu’il rend à ses patients. Pour madame Di Palma, l’inspection constitue une mesure préventive pour aider les professionnels à maintenir ou à améliorer leur pratique.

« L’inspection peut s’effectuer par une autoévaluation supervisée par un inspecteur ou par une visite sur place. Dans ce dernier cas, l’équipe d’inspecteurs compte un expert pour chaque secteur d’activités (salle d’opération, services diagnostiques, etc.) afin de couvrir tous les domaines de pratique. Après l’inspection et selon les recommandations, un plan d’action doit être mis en place dans chaque établissement pour s’assurer que le public reçoit des services prodigués selon les règles de l’art. »

Comment se déroule une inspection

Madame Di Palma explique que la sélection des établissements à visiter s’effectue selon différents critères notamment : le nombre d’années depuis la dernière inspection, ainsi que les résultats obtenus lors d’une autoévaluation. Le document d’autoévaluation, accompagné des normes de pratique, est acheminé aux inhalothérapeutes dans les institutions choisies, pour qu’ils engagent une réflexion sur leur travail. Au retour, les questionnaires sont analysés par le comité d’inspection professionnelle qui définit la nécessité de se rendre ou non sur place. « Nous devons aviser les professionnels de la date de la visite des inspecteurs. Ces derniers accompagnent les inhalothérapeutes dans leurs activités de la journée. Ils disposent de toute la légitimité pour les suivre partout, même à la salle d’opération pour apprécier la pratique des membres. Ils examinent aussi la tenue de dossiers et les différents registres. Ils valident la présence ou non de procédures et de protocoles. »

Tout est évalué selon une cote de gravité (ou d’importance). Cette modalité permet de constater la conformité de la pratique ou, à l’inverse, la portée réelle des lacunes observées.

Rétrospection

« À la fin de la journée se tient une rencontre de rétrospection avec les inhalothérapeutes et la direction de l’établissement, où les inspecteurs communiquent les points forts et les principaux éléments à améliorer, précise madame Di Palma ». L’équipe prépare un rapport complet à l’intention du comité d’inspection professionnelle. Les inhalothérapeutes en reçoivent aussi une copie. « Pour remédier à des situations de non-conformité aux normes de pratique constatées lors de la visite, les inhalothérapeutes de l’établissement doivent produire un plan d’action. Si, au cours d’une inspection générale, nous nous questionnons sur la compétence d’un professionnel, nous recourons au processus d’inspection particulière pour un examen approfondi. Par la suite, le comité peut recommander un stage, par exemple, à un membre pour remédier aux lacunes constatées. »

Madame Di Palma précise que « toute personne qui doute de la compétence d’un inhalothérapeute peut contacter l’Ordre. Un guichet unique, par le Bureau du syndic, permet d’arrimer déontologie et compétence. »

Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec

  • Créé en 1984
  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 4 151 (dont 84 % sont des femmes)
  • 1440, rue Sainte-Catherine Ouest, bureau 721, Montréal (Québec) H3G 1R8
  • Guichet unique pour la protection du public : 514 931-2900 poste 29 ou 1 800 561-0029 (sans frais)
  • Informations générales : info@opiq.qc.ca
  • Site Web : opiq.qc.ca

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