Profession chimiste : un impact direct sur le quotidien des gens

guy-collin-chimiste« Les chimistes sont souvent méconnus puisqu’ils ne travaillent pas directement avec le public, mais leur rôle a un impact direct sur le quotidien des gens. Ils travaillent, par exemple, dans le domaine alimentaire, dans le contrôle de la qualité de l’eau, dans le développement de nouveaux médicaments et dans des laboratoires médico-légaux » écrivait un journaliste du Devoir en octobre 2014[1].

Nous avons discuté de protection du public avec le président de l’Ordre des chimistes du Québec. M. Guy Collin est chimiste depuis 1979 et président du conseil d’administration de l’Ordre depuis 2008.

Le président exerce un droit de surveillance générale sur les affaires de l’Ordre. Il s’assure aussi de la mise en œuvre des décisions du conseil. « Le président du conseil fait partie de la structure de l’Ordre et veille à la circulation de l’information entre la direction générale et le conseil d’administration qui, lui, détermine les stratégies et objectifs en fonction de la protection du public. » M. Collin préside les réunions du conseil et, sur ce plan, favorise les technologies de l’information qui facilitent les communications à distance dans le cadre de ses fonctions.

M. Collin énumère les principaux mécanismes utilisés par l’Ordre pour protéger le public. « Il y a tout d’abord l’admission pour vérifier que les membres ont la formation initiale et les compétences requises pour obtenir le permis de l’Ordre. Puis, durant leur carrière, les membres sont tenus de recourir à la formation continue pour la mise à jour de leurs connaissances. De plus, il y a l’inspection professionnelle pour vérifier que les chimistes pratiquent conformément aux règles en vigueur ainsi que l’encadrement disciplinaire et déontologique. »

Conseil d’administration et protection du public

L’élaboration et l’adoption de règlements pour l’ensemble des membres de l’Ordre sont l’une des tâches très importantes du conseil d’administration. Ces règlements doivent ensuite être approuvés par le gouvernement du Québec. « Par exemple, en 2014, nous avons rendu obligatoire, par l’adoption d’une Norme professionnelle, la formation continue pour les membres. Il est primordial que les chimistes soient à jour dans leurs connaissances. À défaut de s’acquitter de cette obligation, un membre pourrait être sanctionné, s’il ne corrige pas la situation dans les délais impartis. Nous avons aussi produit un règlement sur la tenue des dossiers, pour que le professionnel conserve, pour chacun de ses mandats, le suivi de ses activités. Ce ne sont que des exemples de notre travail pour la qualité de la pratique et la protection du public. »

Un enjeu de notoriété et d’information

Selon des études réalisées notamment par le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), le public a toujours encore une perception erronée du travail des ordres professionnels, à savoir que ces derniers protégeraient davantage leurs membres que la population. Et pourtant, les 46 ordres professionnels du Québec investissent beaucoup d’efforts pour répondre aux exigences de leur mission.

M. Collin fait remarquer que l’opinion publique est régulièrement alertée lorsque des manquements ou des infractions dans le monde professionnel défraient la chronique. Objectivement, l’opinion publique devrait être mieux informée des bons coups des professionnels et des ordres en matière de protection du public. C’est précisément un des objectifs de la présente campagne « Ordre de protéger » menée conjointement par les ordres et le CIQ. M. Collin illustre cette situation par un cas de pratique illégale survenu dans sa profession. « Un usurpateur, c’est-à-dire une personne qui ne portait pas le titre de chimiste, a fait des analyses d’aliments en pots pour bébés, en utilisant des techniques obsolètes et en faisant preuve d’une totale incompétence. C’est un secteur délicat et l’Ordre a été critiqué alors que la personne ayant procédé aux analyses n’était pas un membre. L’Ordre convient que c’est une question cruciale de protection du public et est intervenu pour empêcher l’individu de récidiver. »

Pourquoi la protection du public est-elle essentielle

Contrairement aux professionnels de la santé, le chimiste n’est généralement pas en contact direct avec les utilisateurs de ses services. Il travaille majoritairement dans des organisations, gouvernementales ou autres. « Nous travaillons chaque jour pour protéger le public en intervenant sur les processus chimiques et biochimiques, surtout quand il y a des enjeux de santé publique, par exemple on se rappelle les cas de légionellose dans un quartier de Québec. Maintenant, les chimistes interviennent dans la gestion des tours de refroidissement qui étaient à l’origine du problème. »

Tout ce qui nous entoure relève de la chimie, notamment l’alimentation. « Les aliments transformés passent par un processus industriel et un contrôle sanitaire. Les biochimistes vérifient que les produits correspondent aux normes de salubrité publique quand ils seront mis en vente, une mesure importante de protection du public. » Le chimiste fait des analyses pour s’assurer que les productions sont conformes aux règlements imposés par les organismes provinciaux et fédéraux, selon les domaines d’intervention. « Il y a quelque temps, en Alberta, une entreprise a dû cesser ses activités de traitement des viandes en raison de contamination bactérienne, car elle ne respectait pas les règles canadiennes de santé publique. »

Une fierté bien placée

En terminant, M. Collin tient à exprimer sa fierté à deux titres : « La prime d’assurance responsabilité professionnelle obligatoire des chimistes est parmi les plus faibles du milieu professionnel au Québec ; c’est généralement un indice de la qualité des services rendus par les chimistes. Par ailleurs, les diplômés du Québec en chimie et en biochimie font très bonne figure dans le reste du Canada. La qualité de la formation doit y être pour quelque chose ! »

Ordre des chimistes du Québec

  • Créé en 1974
  • Nombre de membres : 3109 au 31 mars 2015 (dont 61,6 % sont des hommes)
  • 300, rue Léo-Pariseau, bureau 2199, Place du Parc, Montréal (Québec) H2X 4B3
  • 514 844-3644
  • Information générale : information@ocq.qc.ca
  • Site Web : http://www.ocq.qc.ca

 

[1] Voir http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/420557/ordre-des-chimistes-du-quebec-une-nouvelle-loi-pour-mieux-proteger-le-public

 

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