Aménagement, récolte du bois, développement durable : les ingénieurs forestiers veillent

carole-houde-ingenieur-forestierLa forêt est un milieu complexe et diversifié, tout comme les ressources qu’elle offre et les utilisations qu’on peut en faire. Pour cultiver ses multiples ressources sans menacer sa survie, il faut un juste équilibre. De par sa formation universitaire en sciences appliquées, axée sur des exigences qui comportent des aspects biologiques, des aspects rattachés à l’ingénierie, des aspects socio-économiques, politiques et communautaires, l’ingénieur forestier joue un rôle essentiel qui vise à concilier les préoccupations des divers utilisateurs de la forêt et de ses produits et le bon développement du milieu forestier.

Les ingénieurs forestiers travaillent à l’intérieur du champ de pratique exclusif que leur confère la Loi sur les ingénieurs forestiers et se soumettent aux devoirs et obligations de leur code de déontologie. Bien qu’ils portent le titre d’ingénieur, ils ont leur propre ordre professionnel, soit l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, qui regroupe un peu plus de 2 000 membres. L’Ordre s’assure, par les divers mécanismes que lui octroie le Code des professions, de relever les défis liés à sa mission qui est non seulement de protéger le public, mais également de protéger le patrimoine forestier des Québécois.

Des pratiques responsables

Mme Caroline Houde est ingénieure forestière depuis 1997 et fait partie des 15 % de femmes que compte la profession. Elle exerce comme conseillère en foresterie pour le compte du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec (SPFRQ). « Il faut que je sois compétente en aménagement forestier pour être à même de conseiller utilement nos membres qui sont des propriétaires forestiers. Je dois connaître la réglementation applicable pour éviter qu’ils ne se placent en situation d’infraction. Avec mes collègues, nous travaillons pour que leurs droits de propriétaires soient respectés et qu’ils obtiennent un prix équitable lors de la mise en marché de leur bois. Nous les accompagnons aussi pour qu’ils adoptent des pratiques responsables dans la mise en valeur de leurs boisés. »

Imputable de ses actes et décisions

Mme Houde est sensible à la protection du public dans l’exercice de sa profession : « Nous avons un champ de pratique exclusif. Qui plus est, l’ingénieur forestier est le seul professionnel du milieu forestier qui soit imputable de ses actes et décisions. En retour de ce privilège, on doit donc se soumettre à des règles de pratique rigoureuses et se conformer à notre code de déontologie édictant nos devoirs et obligations à l’égard du public, de nos clients et de notre profession. »

La pratique du génie forestier constitue une série d’actes professionnels faisant appel à des connaissances et des compétences scientifiques diversifiées. « On doit interpréter des données, analyser des situations complexes, diagnostiquer des problèmes et proposer des solutions qui respectent les valeurs des gens et le milieu forestier », explique Mme Houde.

Préoccupations environnementales

Les ingénieurs forestiers aiment profondément la forêt, c’est leur dénominateur commun. Alors, pourquoi la couper ? « Notre formation académique en sciences et notre expérience nous disent que c’est la bonne chose à faire, pour le bien de la forêt et des gens qui pourront continuer à bénéficier de tous les produits qu’elle génère, année après année. Une coupe forestière s’inscrit dans une série d’activités qui ont pour objet de prendre soin de la forêt et de la renouvelée, pas de la détruire, bien sûr ! Intervenir en forêt crée un impact sur l’écosystème et il faut le reconnaître. Notre travail consiste donc à diminuer au maximum ces impacts.

Il est de notre responsabilité de placer les balises d’intervention. Par exemple, si un propriétaire veut effectuer un déboisement près d’un cours d’eau, il contrevient à la loi, car cela peut avoir des effets nocifs pour la protection du cours d’eau et la qualité de l’eau. Il m’appartient de l’informer de la loi. »

D’ailleurs, Mme Houde est responsable de la rédaction du bulletin L’Information du forestier – SPFRQ et représente les propriétaires à divers comités de concertation avec les partenaires politiques et sociaux. Elle est aussi nouvellement membre du conseil de discipline de l’Ordre.

Opinion publique et acceptabilité sociale

La forêt a également un rôle socio-économique et la population doit être informée de ce que cela implique. « Nos propriétaires sont soucieux de l’opinion du public et de l’acceptabilité sociale. Pour certains citoyens, les coupes forestières ne sont pas acceptables. Elles sont pourtant utiles dans la vie d’une forêt et nous veillons à ce que ce soit fait dans les règles de l’art. Une grande partie de notre travail consiste à expliquer les types de travaux réalisés, les machineries utilisées, les périodes de l’année pour respecter les sols, etc. ».

Sur le plan de la faune et de l’habitat faunique, Mme Houde souligne le rôle de l’ingénieur forestier. « Il peut y avoir une planification spécifique pour la faune et l’habitat faunique, surtout si leur protection est un objectif du propriétaire. Mais tous les projets doivent être compatibles avec les normes professionnelles. Nous prévenons les propriétaires afin qu’ils ne contreviennent pas à ces règles. »

Ordre des ingénieurs forestiers du Québec

  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 2 064 (dont 84,6 % sont des hommes)
  • Créé en 1974 (après avoir été constitué en association en 1916 et en corporation en 1921)
  • 2750, rue Einstein, bureau 110, Québec (Québec)  G1P 4R1
  • 418 650-2411
  • Courriel : oifq@oifq.com
  • Site Web : oifq.com

 

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