Le technologue en imagerie médicale, du domaine de médecine nucléaire, a votre protection à cœur !

simon-denis-technologue-imagerie-medicalAu Québec, le titre de technologue en imagerie médicale (t.i.m.) est attribué à deux domaines d’exercice qui sont bien distincts et dont les parcours académiques sont également bien différents : celui du radiodiagnostic et celui de la médecine nucléaire. Bien que les deux professionnels produisent des données ou des images à des fins diagnostiques, les professions ne s’exercent pas du tout de la même façon et sont souvent complémentaires dans l’obtention d’un bon diagnostic chez le patient.

Dans l’exercice de sa profession, le technologue en imagerie médicale (t.i.m.), du domaine de médecine nucléaire, manipule des produits radioactifs et se sert d’appareils qui détectent les radiations pour faire les examens diagnostiques nécessaires au dépistage de pathologies. Ce professionnel de la santé possède la formation et les compétences nécessaires pour que les examens soient faits de manière sécuritaire malgré les risques qui pourraient exister. C’est l’Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale du Québec (OTIMROEPMQ), chargé d’assurer la protection du public dans ce domaine, qui contrôle l’admission et l’exercice de la profession.

Comment sommes-nous protégés

Sur le terrain, de multiples aspects concourent à assurer la protection des patients qui doivent subir un examen. M. Simon Denis, t.i.m. en médecine nucléaire depuis bientôt 5 ans, pratique à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et est également membre du conseil d’administration de son Ordre professionnel. Il explique quelques aspects concrets du processus de protection. « Le contrôle de qualité des appareils est très important, car ceux-ci doivent rendre une qualité d’image optimale. J’ai le devoir de vérifier si les appareils que j’utilise sont conformes aux normes, c’est ma responsabilité. Et si un problème apparaît, j’alerte immédiatement la coordonnatrice technique. »

Par ailleurs, les radiopharmaceutiques, qui sont des pharmaceutiques liés à un élément radioactif, sont faits en laboratoire externe ou en centre hospitalier et servent à examiner le fonctionnement des organes. « On les administre par inhalation par exemple pour un examen des poumons. Pour une évaluation de la vidange gastrique, nous demandons au patient de manger un sandwich aux œufs radioactifs. La plupart de nos procédures requièrent toutefois l’injection intraveineuse d’un produit radioactif en lien avec la question clinique, la raison pour laquelle le patient se présente à nous. Nous devons veiller à ce que ces substances répondent elles aussi aux normes. »

Le technologue en imagerie médicale, du domaine de médecine nucléaire, doit continuellement mettre à jour ses connaissances dans son secteur en raison, entre autres, des technologies évoluant rapidement. Pour maintenir ses compétences à jour, l’Ordre lui impose une formation continue obligatoire pour son développement professionnel. En cas de défaut, le professionnel s’expose à des sanctions de la part de l’Ordre.

Le patient à cœur et à l’œil

« La radioprotection, en médecine nucléaire, consiste à réduire le plus possible la dose de radiation administrée au patient, tout en restant dans une marge raisonnable afin d’avoir une bonne qualité d’examen. La radioprotection est aussi un ensemble de mesures à appliquer par les technologues pour réduire la quantité de radiation qu’ils reçoivent eux-mêmes. C’est une de nos principales préoccupations », affirme M. Denis.

Par ailleurs, il met l’accent sur l’aspect humain de son travail. « Nous interagissons avec des êtres humains, rarement en pleine forme. Nous devons être alerte et attentifs aux signes que le patient nous envoie, même ceux de nature non-verbale. Un patient dont la santé cardiaque est précaire qui vient pour un examen myocardique peut faire un arrêt cardiaque pendant la procédure, le risque est sensiblement le même qu’à domicile mais à l’hôpital nous avons la responsabilité de reconnaître les signes et d’agir. Sans parler de l’inquiétude des patients quant au côté mystérieux des radiations, nous les rassurons très souvent aussi sur cet aspect. »

L’administrateur et la protection du public

M. Denis est administrateur de l’Ordre depuis deux ans. Le conseil d’administration se mobilise pour s’acquitter de son mandat de protection du public à l’aide de plusieurs fonctions qui sont mises en œuvre au sein de l’Ordre : le contrôle de l’admission, la formation continue obligatoire et l’inspection professionnelle. Un autre mécanisme de protection du public est exercé par le bureau du syndic et porte sur l’encadrement déontologique et disciplinaire.

Les administrateurs sont parfois amenés à prendre des décisions impopulaires auprès des membres, selon M. Denis. « Nous devons toujours garder à l’esprit la protection du public. Le rôle des administrateurs est méconnu ou mal compris parfois par le public ou par certains membres qui croient que nous représentons nos disciplines respectives et donc nos collègues. C’est une erreur et nous devons rectifier cette perception. La présente campagne du Conseil interprofessionnel du Québec, qui cible la protection du public comme mission des ordres professionnels, est très utile ! Je pense que le système professionnel québécois devrait être davantage expliqué aux membres des différents ordres. » L’Ordre donne toutefois de nombreux outils aux membres pour les aider dans leur développement professionnel.

Un exemple de mesure impopulaire dans le domaine de la médecine nucléaire est une nouvelle norme relative à la préparation des produits stériles qui est en élaboration dans le but d’imposer un niveau supérieur de sécurité. La protection du public a un prix. « L’Ordre vise avant tout la protection, et certains équipements ou installations performants peuvent coûter plus cher, mais offriront une protection accrue. Avec les coupures dans le réseau de la santé, cela ne fait plaisir à personne. Ceci dit, il faut mesurer l’équilibre entre la nécessité de la démarche et la faisabilité de celle-ci et c’est pourquoi l’Ordre consulte divers spécialistes afin de prendre des décisions éclairées. »

Enfin, la médecine nucléaire a besoin d’une ressource première : les isotopes médicaux, substances radioactives sécuritaires pour faire des tests diagnostiques. M. Denis évoque la crise d’approvisionnement qui a frappé la profession il y a quelques années. « Les administrateurs suivent ce dossier de près. Nous redoublons de vigilance et si un nouvel épisode de pénurie devait se présenter, nous souhaitons être prêts. C’est aussi cela, protéger le public. »

Ordre des technologues en imagerie médicale, en radio-oncologie et en électrophysiologie médicale du Québec

  • Créé en 1973
  • Nombre de membres au 31 mars 2015 : 6 188 (dont 82,9 % sont des femmes)
  • Profession d’exercice exclusif
  • 6455, rue Jean-Talon Est, bureau 401, Saint-Léonard (Québec) H1S 3E8
  • 514 351-0052 – 1 800 361-8759
  • Courriel : info@otimroepmq.ca
  • Site Web : otimroepmq.ca

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