Thérapeute conjugal et familial : la protection du public au cœur de sa pratique professionnelle

cynthia-brosseau-therapeute-conjugale-familialeConsulter un thérapeute conjugal et familial (T.C.F.) constitue probablement la meilleure décision à prendre lorsque vous vivez des problèmes conjugaux ou familiaux qui ont un impact sur votre vie. Ce professionnel, diplômé universitaire de niveau maitrise, propose une démarche psychothérapeutique permettant de vous aider à résoudre des blocages sur le plan de vos relations interpersonnelles, ainsi qu’à améliorer la communication avec les gens qui vous entourent. Il doit être membre de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, mais peut également posséder un autre titre professionnel. Mais avant tout, en tant que membre du système professionnel du Québec, il doit respecter des règles strictes aux plans éthique et déontologique et ainsi offrir à leur clientèle des services qui respectent les normes professionnelles reconnues.

Thérapeute conjugale et familiale et responsable de la thérapie conjugale et familiale

Mme Cynthia Brosseau, est membre de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) depuis 1997. Elle pratique la thérapie conjugale et familiale en cabinet privé. Parallèlement, elle travaille à l’Ordre comme responsable de la thérapie conjugale et familiale et chargée d’affaires professionnelle depuis un an. Son rôle consiste à mettre au service de l’Ordre son expertise de T.C.F. afin de veiller à la bonne marche des fonctions de protection du public pour sa profession. « Comme j’ai travaillé auprès de multiples clientèles tant dans le réseau de la santé et des services sociaux qu’en pratique privée, je peux mettre cette expertise au service de l’Ordre et des T.C.F. et avoir une vue d’ensemble sur les enjeux et la spécificité de cette profession. Je collabore avec les différentes directions de l’Ordre, par exemple au niveau de l’inspection professionnelle des thérapeutes conjugaux et familiaux, tout comme au niveau de l’admission des nouveaux membres ».

« L’autre volet, poursuit Mme Brosseau, consiste à voir au développement de la profession pour maintenir les plus hauts standards, à donner des avis professionnels aux membres sur une question partagée, par exemple un article clinique sur la confidentialité face à l’employeur. Nous nous assurons que les membres déploient leur pratique clinique dans le respect du code de déontologie de l’OTSTCFQ. L’Ordre prend également part à certains débats publics, toujours dans une optique de protection du public, telle la défense des services offerts aux familles vulnérables par exemple ».

L’importance de la protection du public

Les thérapeutes conjugaux et familiaux ont obtenu le statut de « professionnel » par décret du gouvernement du Québec en 2001. Ils ont été intégrés à l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec (devenu depuis l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec), avec tous les devoirs et obligations s’y rattachant. Le titre de thérapeute conjugal et familial est réservé aux membres de l’OTSTCFQ, lesquels peuvent exercer certaines activités professionnelles réservées par la loi telle que « l’évaluation d’un parent qui désire adopter un enfant », « l’évaluation d’une personne atteinte d’un trouble mental ou neuropsychologique attesté par un diagnostic ou une évaluation effectuée par un professionnel habilité » ou encore « évaluer une personne en matière de garde d’enfants et de droits d’accès ».

Cynthia Brosseau explique que le public pourrait subir des préjudices importants si la profession n’était pas réglementée. En effet, il faut savoir que les T.C.F. travaillent de manière générale auprès de plusieurs membres d’une même famille, ce qui augmente les risques par le fait même. Les T.C.F. rencontrent des clientèles avec une multitude de problèmes complexes, notamment avec un diagnostic de santé mentale ou des problèmes familiaux sévères sur plusieurs générations. Leur clientèle est diversifiée, mais toujours en grande souffrance psychologique, ce qui explique le haut niveau de responsabilité, ajoute Mme Brosseau.

Afin d’agir de manière efficace et professionnelle, le T.C.F. doit procéder à une analyse rigoureuse des problèmes présentés ainsi que des dynamiques amenant les impasses pour lesquels la famille consulte. Il doit formuler une opinion professionnelle claire basée sur cette analyse et proposer un plan de suivi, incluant des moyens concrets pour améliorer la situation. Lorsque les clients possèdent un diagnostic de santé mentale, le T.C.F. explore l’impact et les conséquences de la maladie sur la dynamique familiale et vice et versa. « Par exemple, lorsqu’un adolescent reçoit un diagnostic de trouble bipolaire, on va travailler sur les impacts de la bipolarité sur le jeune ainsi que sur la dynamique familiale, tout autant que sur les éléments familiaux qui influencent le cours de la maladie. Pour nous, chaque famille est unique, donc traitée comme telle. Pour aider la personne et sa famille de manière optimale, le travail de collaboration avec tous les autres professionnels impliqués est primordial et permet d’assurer un suivi cohérent », précise Cynthia Brosseau.

Les gens sont protégés quand ils consultent

Plusieurs règles et normes obligatoires encadrent la pratique professionnelle. L’OTSTCFQ s’assure que les professionnels disposent de la formation de base requise. Il réglemente la profession et surveille la pratique, notamment en procédant à des inspections professionnelles. L’OTSTCFQ a aussi la possibilité de faire enquête et d’imposer des sanctions disciplinaires à la suite d’une plainte. « Nous avons en plus une obligation de formation continue, pour maintenir notre compétence à jour. Et les T.C.F. se dotent d’un système de  supervision clinique, c’est-à-dire qu’ils rencontrent un autre thérapeute conjugal et familial reconnu pour les soutenir dans leur pratique professionnelle. Outre la lecture d’articles scientifiques indiquant les meilleures pratiques en thérapie conjugale et familiale, nos membres doivent s’appuyer sur les documents produits par l’Ordre : cahiers de normes, code de déontologie, guide de tenue de dossiers, lignes directrices. Autant de balises à maîtriser afin de bien exercer notre profession dans le meilleur intérêt du public », note Mme Brosseau.

Des conditions de sécurité émotionnelle et concrète

Le couple, la famille ou la personne doit se sentir en sécurité, en terrain neutre, lors des rencontres avec un thérapeute conjugal et familial. C’est déjà difficile de consulter pour une seule personne, imaginez lorsque toute la famille est conviée à discuter du problème! Chaque membre de la famille doit se sentir respecté et entendu dans sa souffrance individuelle, mais également dans la souffrance de l’ensemble du système. Toutes les émotions sont acceptées en thérapie conjugale et familiale : nous aidons nos clients à les vivre de manière à ce qu’elles ne détériorent plus leurs liens, tout simplement. Nous travaillons à partir de problèmes très divers tels que la violence conjugale et familiale, les traumatismes divers, les conflits entre les différentes générations, les divorces ou les enjeux culturels. Les familles sont le lieu de nombreux secrets, l’intégrité et la confidentialité sont donc impératives », précise Mme Brosseau.

Une autre obligation du thérapeute conjugal et familial est d’obtenir le consentement éclairé de son client lors du début du processus d’une thérapie conjugale, familiale ou individuelle. « Nous expliquons bien le processus, pour que chaque personne se sente incluse, y participe pleinement et l’accepte en toute connaissance de cause. De par notre formation et notre expertise, nous amenons le couple ou la famille à vivre ses relations internes (entre les membres) et externes (collègues, amis), de manière plus harmonieuse. »

Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec

  • Créé en 1960
  • Nombre total de membres au 31 mars 2015 : 12 580 (dont 87,1 % sont des femmes)
  • Membres thérapeutes conjugaux et familiaux (T.C.F.) : 270
  • 255, boulevard Crémazie Est, 8e étage, Montréal (Québec) H2M 1L5
  • 514 731-3925 – 1 888 731-9420
  • Information générale : info.general@otstcfq.org
  • Site Web : www.otstcfq.org/

Un commentaire

  1. Marie-Rose Paul
    Posté le 22 mars 2016 | Lien

    Je suis en accord avec ce service.

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