Le terminologue agréé: quand la rigueur et la clarté des termes riment avec qualité et productivité

nycole-belanger-traductrice-interprete« La terminologie est invisible, mais essentielle », déclare d’emblée Mme Nycole Bélanger, traductrice agréée et terminologue agréée, membre du conseil d’administration de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). Cette passionnée des mots et de la documentation souhaiterait bien qu’en matière de communications, l’importance et la valeur économique de la terminologie soient reconnues dans les marchés langagiers. Il faut dire que les terminologues sont très peu nombreux (76 terminologues agréés sur les quelque 2000 membres de l’Ordre) et qu’ils travaillent toujours dans l’ombre des autres langagiers (traducteurs, rédacteurs, interprètes…)

La terminologie : pour gérer les vocabulaires spécialisés

Le terminologue assure l’établissement, la gestion et la diffusion des terminologies dans tous les domaines de la connaissance. Si la lexicologie s’intéresse aux mots et à leur signification, la terminologie traite des concepts et de leur dénomination Le terme est un mot (ou groupe de mots) qui a un sens particulier dans un domaine donné. On parle ainsi des termes (et non des mots) de la finance, du droit ou de la médecine. Et la terminologie peut s’effectuer en une ou plus d’une langue,

Par ses fonctions, le terminologue est appelé à uniformiser, à normaliser ou à officialiser certaines terminologies avec le concours des spécialistes des domaines traités.

La diffusion des termes, autre rôle essentiel du terminologue, s’effectue, d’une part, par des bulletins, normes ou lexiques et, d’autre part, au moyen des banques de terminologies privées ou gouvernementales qu’ils créent et dont ils assurent la gestion.

Qualité des communications et valeur économique de la terminologie

Si, autrefois, les langagiers devaient consacrer beaucoup de temps à la recherche des termes justes, aujourd’hui, les outils informatisés facilitent grandement leur travail. De plus, les termes diffusés sont à la portée de tous dans le temps et dans l’espace. La gestion de la terminologie génère donc une productivité accrue et des économies réelles.

De nos jours, toutes les entreprises et organismes qui font des affaires dans plus d’une langue doivent faire traduire leurs documents. Les ressources terminologiques deviennent alors essentielles pour assurer la qualité et la rigueur de leurs documents.

Mme Bélanger, qui a œuvré dans les domaines de l’hydroélectricité, des chemins de fer et du pharmaceutique, signale qu’une terminologie inappropriée dégrade la communication et ternit l’image de marque d’une entreprise. Elle peut aussi entraîner des erreurs coûteuses, voire des poursuites. Et les risques sont les mêmes dans les domaines administratifs, scientifiques et techniques.

La force de l’agrément

Mme Bélanger, qui s’est jointe à la Société des traducteurs du Québec (STQ) lors de sa création en 1965, a contribué à la création de la première Section des terminologues en 1978 C’est en 2000 que le titre de terminologue est apparu dans l’appellation de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec, soit huit ans après la transformation de la STQ en un ordre professionnel.

Pour obtenir un permis d’exercice de l’Ordre, un candidat doit se soumettre à un processus d’agrément afin de démontrer ses compétences. Et être membre de l’Ordre, c’est prendre l’engagement de respecter des règles de pratique et un code de déontologie ainsi que de se soumettre à un programme d’inspection professionnelle. Évidemment, si un client subit un préjudice à la suite d’une erreur professionnelle, il peut se prévaloir des mécanismes de protection prévus au Code des professions.

Le fait d’appartenir à l’Ordre offre un autre avantage aux terminologues. « Comme professionnels, nous avons besoin d’échanger, de partager, d’apprendre les uns des autres. Aujourd’hui, il faut appartenir à un réseau. Les langagiers ne peuvent plus travailler de façon isolée. Et c’est très important pour les jeunes professionnels de comprendre qu’en adhérant à l’Ordre, ils se branchent sur un réseau qui peut les soutenir dans leur développement ». Il convient de souligner que Mme Bélanger, qui a été responsable des stages en traduction et en terminologie pendant près de 15 ans à l’Université de Montréal, est très sensible au développement professionnel des jeunes.

Il importe aussi de mentionner que l’Ordre étant de plus en plus reconnu, un nombre grandissant d’employeurs n’engagent que des langagiers « agréés », donc des membres de l’OTTIAQ.

Conseil d’administration et protection du public

Membre d’honneur de l’Ordre, Mme Bélanger siège au conseil d’administration depuis le mois de novembre 2015. Elle est fière d’y être à titre de terminologue.

Il est à noter que le conseil d’administration est l’instance où se prennent les grandes décisions sur les affaires de l’Ordre et les activités statutaires liées à la protection du public. Les administrateurs reçoivent, notamment, des rapports de différents comités liés à l’admission des nouveaux membres, à l’inspection professionnelle, à l’usurpation du titre professionnel par des personnes non membres de l’Ordre. Les plaintes concernant d’éventuelles fautes professionnelles sont traitées au bureau du syndic.

Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec

  • Créé en 1992
  • Membres au 31 mars 2015 : 2 104 (dont 76 terminologues)
  • 1108-2021, avenue Union, Montréal (Québec) H3A 2S9
  • 514 845-4411 ou 1 800 265-4815 FREE
  • Site Web : ottiaq.org
  • Comment devenir membre : http://ottiaq.org/devenir-membre/

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